RÉMOND Yves et LEPEIGNE René

Auteur de la fiche : NOM DE L'AUTEUR et COMMENTAIRE DE L'AUTEUR François Fouré : Volonté, témérité voire inconscience du danger, pour accomplir le devoir de résistance à la défaite.

RÉMOND Yves et LEPEIGNE René

En juin 1940, le cargo « cap Veralla » est au mouillage en rade de Diégo Suarez à Madagascar. Yves RÉMOND, matelot à bord en profite pour pratiquer la natation, sport qu’il affectionne. A dix-huit ans, le garçon est dynamique et ne comprend pas l’armistice. Il souhaite rejoindre ce général dont on parle tant, qui se trouve en Angleterre et qui veut continuer la lutte. En 1941, le cargo met le cap sur Marseille. A l’escale de Port aux Galets, plusieurs marins, indésirables sur l’île de la Réunion en raison de leur sympathie pour la France Libre, embarquent pour être rapatriés sur la métropole. Parmi eux, René LEPEIGNE devient rapidement l’ami d’Yves RÉMON. Ensemble, ils imaginent le projet de gagner Gibraltar lorsque le navire passera devant. Discrètement, ils construisent un radeau et, de nuit, le moment venu, le mettent à l’eau. La mer est froide et le temps mauvais. Ils sont trempés. Le radeau vient à couler. Pour ne pas être alourdis par leurs vêtements, ils se déshabillent. Les deux amis se mettent à nager en gardant avec eux l’aviron en bois qui les aide à se reposer. Mais René s’épuise et bientôt malgré les efforts d’Yves pour le garder à la surface, il délire, meurt et coule. Demeuré seul sans aucune terre en vue, Yves continue de nager toute la journée en se reposant régulièrement sur l’aviron. La nuit venue, un projecteur s’allume pour s’éteindre bientôt malgré les appels de d’Yves. Au petit matin, le bruit d’un moteur marin lui donne du courage. Un chalutier est à courte distance mais ne le voit pas. Attachant son slip au bout de l’aviron, Yves s’efforce d’attirer son attention. Bientôt, le petit bâtiment vire de bord et le nageur est sauvé. Arrivé à terre il est conduit au bureau de la marine où on lui demande s’il est pour Vichy ou de Gaulle. Dans le premier cas, il sera habillé et nourri, dans le second il sera jeté en prison.

Il comprend que le salut est dans le mensonge et il est conduit dans un hôtel.

Le capitane du cargo ayant informé les autorités marseillaises de sa désertion, celles-ci l’ont signalée aux Espagnols qui arrêtent Yves RÉMOND et le conduisent au Maroc. A Tanger il est logé dans un hôtel. Avec l’aide de la patronne il gagne un remorqueur en partance pour Gibraltar où il arrive enfin pour s’engager dans les Forces Françaises Libres.

Peu de temps après, avec d’autres camarades, il rencontre de GAULLE qui le confirme dans son choix de lutte.