PIETTE Victor

Ille-et-Vilaine , Bretagne

Buckmaster

Auteur de la fiche : Thierry GERARD

Victor PIETTE


Né le 7 octobre 1899 à Baillé (35). Gendarme à la brigade de gendarmerie de Martigné-Ferchaud, il fait partie du réseau Buckmaster de Martigné-Ferchaud où il est agent de renseignements et de protection des terrains de parachutage. Arrêté le 8 octobre 1943 à Martigné-Ferchaud.

Déporté le 21 mai 1944 de Compiègne, et arrivé le 24 mai 1944 au KL Neuengamme. (matricule: 30423). Autre lieu de déportation:  Fallersleben.

Il décède le 3 janvier 1945 à Hamburg-Neuengamme ou Fallersleben (All. (Source JO: 290-14 décembre 1997).


Extrait  du rapport envoyé par la section de gendarmerie de Vitré à la Direction Générale de la Gendarmerie (Source : Archives départementales d’Ille et Vilaine)

« Le 8 octobre 1943, vers 20 heures 45, deux agents en civil de la police de sûreté allemande, accompagnés d’un individu qu’ils venaient d’arrêter , se sont présentés à la brigade de gendarmerie de Martigné-Ferchaud (Ille et Vilaine).
Le Maréchal-des-Logis-Chef PLANCHAIS , commandant la brigade, ainsi que les gendarmes
PIETTE, GUILLEMOTO, MARTIN et QUIMBERT étaient présents au bureau.
Les deux policiers allemands, après avoir décliné leur qualité ont demandé un local afin de procéder à l’audition de la personne qu’ils venaient d’arrêter.
Le bureau de la brigade a été mis à leur disposition par le Maréchal-des-Logis-Chef PLANCHAIS.
L’interrogatoire terminé, ils ont demandé avec insistance à ce que l’individu arrêté (LEBAS Clément, réfugié de Brest, demeurant actuellement à Martigné-Ferchaud) soit enfermé dans la chambre de sûreté de la caserne.
Le Maréchal-des-Logis-Chef PLANCHAIS, aurait répondu qu’il n’avait pas le droit d’arrêter cet homme et qu’il ne pouvait le mettre dans la chambre de sûreté de la brigade.
Invité par ces deux agents à se mettre en liaison téléphonique avec un service de police allemand de Rennes, ce gradé n’aurait pas jugé utile de le faire.
Les deux policiers ont alors déclaré qu’ils feraient un rapport contre le chef et qu’il aurait des nouvelles.

A 21 heures 15, après une nouvelle vérification de leurs pièces d’identité par le Maréchal-des-Logis-Chef PLANCHAIS, ils ont quitté la caserne avec LEBAS, en exprimant l’intention de le confier à la garde des troupes allemandes cantonnées à Martigné-Ferchaud.

A 21 heures 30, LEBAS, a été remis en liberté sur parole par les deux agents de la police allemande (Déclaration des policiers allemands).

A 22 heures 30, les deux policiers allemands voulant procéder à nouveau à son arrestation ont constaté que LEBAS avait quitté son domicile et pris la fuite.

Vers 23 heures 15, un certain nombre de militaires et d’agents allemands, commandés par deux officiers, ont pénétré dans la brigade de Martigné-Ferchaud.
Tout le personnel, sauf le gendarme QUIMBERT, qui logeait en ville, a été aussitôt réveillé et rassemblé dans le couloir de la caserne.
Après avoir conduit un officier allemand auprès du maire de la localité, il a été prescrit au gendarme SCARAMPI de rentrer à la brigade pour remplacer son chef. Pendant ce temps, le Maréchal-des-Logis-Chef PLANCHAIS, ainsi que les gendarmes PIETTE GUILLEMOTO et MARTIN ont été mis en état d’arrestation et emmenés par les autorités allemandes.
Leurs pistolets et leurs munitions ont été emportés.
Il a été impossible de connaître la destination donnée au Maréchal-des-Logis-Chef PLANCHAIS, ainsi qu’aux gendarmes PIETTE GUILLEMOTO et MARTIN.
Malgré que les motifs de l’arrestation restent ignorés, il semble que celle-ci soit la conséquence de la fuite de LEBAS, inculpé de terrorisme par les autorités allemandes.

Cette arrestation a causé une vive émotion parmi la population de Martigné-Ferchaud. »