Oger Marcelle

Auteur de la fiche : Chantal Touzé

Marcelle Oger


Née Chudeau en 1913 Marcelle avait épousé René Oger. lls formaient un couple de

« gens discrets et simples qui s’étaient engagés pendant la guerre, dans le réseau de résistance Honneur et Patrie parce qu’ils avaient des convictions et un idéal »

comme aime à le rappeler l’une de leurs deux filles. Michelle Le Gal.

René Oger, contremaître à l’entreprise Bessonneau, était agent de liaison et de renseignement.

« Il cachait des jeunes réfractaires au service obligatoire en Allemagne. Ma mère était son auxiliaire mais ne connaissait jamais le nom des personnes que mon père recevait. ll le faisait exprès pour la protéger »

raconte I’une de leurs filles dans l’un des quotidiens régionaux.

La famille habitait dans une des maisons de l’usine. Sentant que la situation se dégradait, René avait envoyé sa femme et ses deux filles à la campagne chez ses beaux-parents aux Rosiers sur Loire à une vingtaine de kilomètres d’Angers. Lui était allé chez des amis.

Le chef de la Gestapo angevine, Jacques Vasseur les avait pistés.

« Les amis qui avaient caché mon père n’étaient pas dans le réseau. lls risquaient gros quand même. Ils ont reçu la visite d’un type assez jeune, qui inspirait confiance », précise leur fille.

René Oger a été arrête à l’age de 38 ans, Marcelle en avait 30. La petite Michèle s’en souvient encore alors qu’elle n’avait que 5 ans lorsque des hommes en armes cherchaient leurs parents partout.

Les deux sœurs sont restées chez leurs grands-parents agriculteurs sans savoir qu’elles ne reverraient jamais leur père, torturé par Vasseur et mort en déportation à Mauthausen. Leur mère a été conduite au camp de Ravensbrück, avant de rejoindre elle aussi celui Mauthausen. Elle y est restée 18 mois avant d’être libérée. Marcelle Oger parlait très peu des épreuves subies là-bas : elle ne pouvait pas dire à sa famille ce qu’elle avait vécu et personne n’osait la questionner. Marcelle Oger disait seulement qu’elle avait été

« battue, mais pas torturée. »

Très courageuse, elle a repris le travail à l’usine Bessonneau d’Angers, puis à la manufacture d’allumettes de Trélazé. Elle disait qu’elle était revenue pour ses filles : elle voulait qu’elles poursuivent des études, elle qui n’avait pas eu la chance d’en faire.

Marcelle Oger est décédée le mardi 17 février 2015 à l’âge de 101 ans. dans sa résidence de retraite à Angers.

Officier de Ia Légion d’honneur et avait reçu la Croix de guerre 1939-1945 et la médaille militaire.

Ses obsèques ont été célébrées lundi 23 février 2015 en l’église Saint-Aubin des Ponts-de-Cé dans la proche banlieue d’Angers.