LE BONNIEC Georges, Alexandre

F.T.P.

Auteur de la fiche : Alain Prigent & Serge Tilly

LE BONNIEC Georges, Alexandre

LE BONNIEC Georges, Alexandre est né le 13 juin 1907 à Lanvollon (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor), décapité le 20 octobre 1942 à Cologne (Allemagne) ; garagiste ; membre du réseau Georges France.

Son père Yves Le Bonniec, cantonnier, épousa Marie Joseph Batard, ménagère.

Georges Le Bonniec se maria à Yvonne Derrien du Dernier-Sou à Plouha (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor). Le couple eut deux enfants, Michel et Jeannot.

Georges Le Bonniec exerçait la profession de garagiste à Lanvollon, faisant à l’occasion taxi.

En septembre 1939 il fut mobilisé. Après l’armistice de 1940, il revint à Lanvollon. Puis rentra en relation avec André Marchais.

Dès l’été 1940, il assura avec sa voiture le transport de militaires britanniques n’ayant pu évacuer à temps en juin 1940 la poche de Dunkerque (Nord) pour regagner l’Angleterre. Il assura également le transport d’aviateurs britanniques et alliés dont les appareils avaient fait des atterrissages forcés dans la région. Il leur permit ainsi d’être mis en lieux sûrs dans divers endroits de la région, en attente de pouvoir être évacués vers Nantes (Loire-Inférieure ; Loire-Atlantique) chez Marie-Christiane Seidel qui fut ensuite déportée. Il conduisit certains d’entre eux à la gare de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) et par deux fois à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) afin qu’ils puissent rejoindre l’Angleterre en passant par l’Espagne.

Il fut interpellé le 5 mars 1942 à Guingamp (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) par des gendarmes français dans la clinique du docteur Rivoalan alors qu’il était venu y subir une intervention chirurgicale. Son incarcération fut la conséquence de l’arrestation d’aviateurs alliés à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) trouvés porteurs de photos de ceux qui leur étaient venus en aide. Il fut transféré à la maison d’arrêt de Fresnes (Seine).

Du 27 juin 1942 au 17 juillet 1942, trente prévenus originaires des Côtes-du-Nord et de Nantes, furent jugés pour ces affaires par un tribunal militaire allemand du Gross Paris à l’hôtel Continental, rue Boissy d’Anglas, à Paris 8e. Ce procès fut appelé par la presse « procès des 30 bretons ».

Georges Le Bonniec fut condamné à la peine de mort ainsi que Jean-Baptiste Legeay et André Marchais. Neuf personnes originaires des Côtes-du-Nord furent déportées, dont cinq femmes, six périrent en camp de concentration :
-Marie Anne Geneviève d’Affray de la Monnaye épouse et veuve de Saint-Laurent de Plestin-les-Grèves,
-Marie Le Guillou épouse Cozannet de Langoat,
-Alexandrine Le Guyader épouse Tilly de Bégard,
-François-Marie Le Gac de Langoat,
– Jean L’Hénoret de La Roche-Derrien
-Emile Tanguy de La Roche-Derrien.

Le 25 juillet 1942, Georges Le Bonniec fut transféré de la maison d’arrêt de Fresnes (Seine) à la prison de Rheinbach située en Rhénanie à 20 km de Bonn (Allemagne). Le maire et toute la population de Lanvollon formulèrent une demande de clémence en sa faveur. Ils offrirent en réparation la somme de 10 000 francs à verser au secours du Chancelier du Reich ou au service des armées allemandes. Le 7 septembre 1942, le commandant des forces militaires allemandes en France refusa d’accorder au condamné le bénéfice d’une mesure de clémence.

Le 20 octobre 1942, Georges Le Bonniec fut décapité à Cologne en Allemagne. Son camarade André Marchais fut exécuté le même jour au même endroit.

Jean-Baptiste Legeay dont la grâce fut rejetée fut décapité à Cologne le 10 février 1943, le jour de son anniversaire.

Georges Le Bonniec avait 35 ans.

Son nom figure sur le monument aux Résistants, Déportés et Combattants de Lanvollon. Une rue de Lanvollon porte son nom.

Georges Brassens, en arrivant à Paris en février 1940, prit pension chez sa tante, voisine et amie de Jeanne Le Bonniec, soeur de Georges Le Bonniec.

Il se lia d’amitié avec Michel Le Bonniec, fils de Georges. Requis pour le STO, il profita d’une permission pour trouver refuge chez Jeanne Le Bonniec qui le cacha. Il dit un jour à Michel Le Bonniec :  » S’il n’y avait pas eu ta tante, je ne serais jamais devenu ce que je suis. Je lui dois tout « .

En 1956, il vint pour la première fois en Bretagne, conduisant la Jeanne en convalescence à Ploubazlanec (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor). Après le décès de celle-ci en 1968, il acheta une maison à Lézardrieux (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor).
Georges Brassens n’oublia pas la famille Le Bonniec dans son oeuvre écrivant deux de ses plus belles chansons en leur mémoire :

Mourir pour des idées et Jeanne.

Le square Georges Brassens fut inauguré le 24 novembre 2001 par François Morvan, maire de Lanvollon.

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Commentaire de l’auteur

Sources : -Archives dép. Côtes d’Armor 2W112. -Joseph Darsel, La Bretagne au combat, Le Signor, 1980 ; – Alain Prigent, Les femmes dans la Résistance dans les Côtes-du-Nord, Les Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, n°3/4, 1996. – Article de Pierre Martin sur les réseaux d’évasion ; -Michel Guillou, Opération Farenheit, Editions AERHDGM (Association pour l’Etude et La Recherche sur l’Histoire de La Deuxième Guerre Mondiale), 1994 ; -Roger Huguen, Par les nuits les plus longues, Les presses bretonnes, 1976 ; -Serge Tilly, L’occupation allemande dans les Côtes-du-Nord (1940-19441, Les lieux de mémoire, Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, n°10, 2004 et n°11, 2005. -Bulletin municipal de Lanvollon, novembre 2001 et septembre 2004. -Etat-civil précisé par la mairie de Lanvollon. -Témoignage de Monique Marchais, fille d’André Marchais recueilli en 2011. -Relevé en novembre 2012 sur le cahier N°12 de mai 2011 du comité de la Résistance populaire dans les Côtes du Nord