KLEINBERG Germain

Lot , Midi-Pyrénées

Auteur de la fiche : Roger LEFORT

KLEINBERG Germain


Réseau : Maquis du Lot

Date de naissance : 1927

Date de disparition : 22/06/2010

Son action dans la Résistance : S’est soustrait à l’incorporation de force dans l’armée allemande. S’est réfugié en 1941 à Figeac dans le Lot. Entré dans la Résistance il a été arrêté par la Gestapo le 12 mai 1944 et envoyé en camp de concentration à Sachsenhausen. Libéré par les Russes en avril 1945, il revient dans sa famille à Figeac.

Commentaire et Source : Articles nécrologiques du Républicain Lorrain


Germain KLEINBERG s’est fait un précieux devoir de raconter aux lycéens les souffrances endurées au camp de concentration, comme le montre cet article du Républicain :

mémoire lycée sophie-germain

Le vieil homme et la vie

KLEINBERG Photo

Sur cette photo, Germain Kleinberg est vêtu du pyjama à rayures donné au camp de Sachsenhausen. «Quand ma femme a refait la tapisserie en rayé blanc et bleu, j’ai tout déchiré!»

Si Germain Kleinberg, ancien déporté, raconte encore son histoire aux lycéens c’est pour leur prouver à quel point il est important qu’un homme soit libre. Echos d’une rencontre à Sophie-Germain.

Le vieil homme a le sourire. A 83 ans, Germain Kleinberg accepte toujours de raconter son histoire.

Un récit qui n’a pourtant rien de souriant.Résistant, Germain a 17 ans lorsqu’il est dénoncé et déporté par les nazis au camp de Sachsenhausen en 1944. «J’ai fêté mes 18 ans au camp », relate-t-il aux lycéens qui l’écoutent avec attention dans une salle du lycée Sophie-Germain. A la fin de la conférence, des mains osent se lever, mais les voix restent timides. Peut-être encore un peu affaiblies par le poids de l’Histoire, vécue par un seul homme.

Laurence Steinmetz, professeur d’histoire-géographie essaye de motiver un peu plus ses troupes :

«N’hésitez pas à poser des questions. Cet homme est une mémoire vivante, ça vaut tous les livres du monde ! »

lance-t-elle avec ferveur. Une jeune fille se risque alors à demander si Germain a reçu des décorations ou des honneurs pour ce qu’il a traversé. «J’ai bien reçu la Légion d’honneur…», souffle l’homme d’un air désabusé. Il énumère les autres médailles reçues, et pourtant il ne semble pas convaincu de la valeur de ces « récompenses ».

Germain Kleinberg accepte de venir parler au public de son histoire depuis 1984. Son auditoire privilégié ? Les jeunes. A la question «ce n’est pas trop dur de venir parler de tout ça ?», l’ancien résistant retrouve son sérieux. Il pointe du doigt l’assemblée d’élèves assis devant lui : «Il faut en parler. Mais c’est pour vous que je le fais. Que ça ne revienne plus ». Un discours bien compris par les élèves. «C’était plus enrichissant qu’un film ou un livre, parce que c’est réel », témoigne Djoheynna, 17 ans.

Dans son récit, le Mosellan ne cherche pas à choquer par les atrocités vécues, ce dont les adolescents ont bien conscience. «Il n’a pas utilisé des mots crus ou bruts. Il a gardé le sourire», apprécie Benjamin, 19 ans. La bonne humeur, c’est un peu le credo de l’homme. «C’est ça qui m’a sauvé», assure l’ancien déporté. Aujourd’hui, Germain Kleinberg continue de taire certains épisodes de sa vie aux jeunes comme aux adultes. «Il y a des choses qui ne se disent pas, que je ne dirais pas, que je veux garder», confie-t-il le regard perdu dans des souvenirs douloureux. Pas même certain de pouvoir trouver les mots pour décrire ce qu’il a vu et vécu.

A la fin de la conférence, l’homme d’hier s’adresse aux hommes et femmes d’aujourd’hui. Le doigt tendu vers eux, il leur rappelle l’importance d’être libre.

«Un homme privé de sa liberté… ce n’est plus un homme.»