PÉRON Jean

Auteur de la fiche : Alain Prigent & Serge Tilly

Jean PÉRON

PÉRON Jean

Date de naissance : 16-12-1921

Date de disparition : 16-06-1944

Son action dans la résistance : PÉRON Jean
Né le 16 décembre 1921 à Moustéru (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor), fusillé le 16 juin 1944 à Servet en Lannion (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor) ; ouvrier agricole.

Son père Jean, Marie Péron, cultivateur, né en 1891, épousa Marie, Joséphine Gallou, ménagère née en 1893.

Jean Péron, célibataire, était employé comme ouvrier agricole dans une ferme située dans te hameau de Ker Yvon en Le Merzer (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor).

En mai 1944, il intégra un groupe d’une vingtaine de jeunes gens, composé à l’initiative d’étudiants rennais, mais non lié formellement à une des composantes de la Résistance armée, qui s’était constitué dans la commune de Senven-Léhart (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor).

Le chef de ce maquis ainsi formé était Christian Savary FTP venu d’Ille-et-Vilaine qui participa à l’attaque de la prison de Vitré (Ille-et-Vilaine) le 29 avril 1944, il fut secondé par Jean Marion, étudiant, originaire de Paris. Vers le 6 juin 1944, le groupe s’installa dans te château de Goas-Hamon propriété de la famille Novell°, cimentier à Guingamp, qui servait de centre de rassemblement pour les maquisards de Plésidy liés à l’AS (Armée secrète).

Au bout de quelques jours personne à Senven-Léhart n’ignorait plus leur présence. Georges Le Cun, un des dirigeants de l’AS de Guingamp qui dirigeait le maquis de Plésidy leur rendit visite le 9 juin 1944. Informé de l’indiscipline du groupe, il leur demanda d’évacuer le château, mais il ne fut pas entendu.

Le groupe disposait de très peu d’armes. Le 11 juin 1944, il s’était regroupé en vue d’un parachutage d’armes prévu dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 dans les environs de Plésidy (Côtes-du-Nord ; Côtes d’Armor), il fut annulé.

Coupé de la population locale, le groupe fut repéré sans difficulté par les autorités d’occupation. Le 12 juin 1944, à 6h30 du matin, une centaine de soldats allemands, épaulés par trois gendarmes français, encerclèrent la propriété. Les jeunes maquisards tentèrent de se défendre pendant environ une heure. Mais lorsque les Allemands attaquèrent le château à la grenade douze maquisards se rendirent. Si quelques combattants réussirent à se cacher et à s’échapper, sept d’entre eux périrent : deux furent tués au combat et cinq massacrés sur place : Jean Marion, Georges Le Saux, Jean Marini, Edmond Corbel, Jean Julienne, Ernest Le Flammec et Marcel Le Bihan.

Leurs corps furent enterrés sommairement dans une fosse commune au cimetière de Senven-Léhart. Le château, incendié par les Allemands, fut complètement détruit, ne restèrent que les murs calcinés, il ne fut jamais reconstruit.

L’opération militaire allemande qui fut l’une des opérations de répression les plus sanglantes menées dans le département (dix-neuf victimes), fut conduite sous la responsabilité de Rudolph Kiekaffer, et de Wilhem Funke du SD de Saint-Brieuc. Jean Péron qui faisait partie des douze maquisards arrêtés fut probablement incarcéré à Guingamp.

Le 16 juin 1944, il fut condamné à la peine de mort par le du secteur postal 56 300 « pour activités de franc-tireur » et exécuté le jour même, en même que ses onze camarades Briac Blanchard, Albert Fouilhon, Paul Herviou, Joseph Le Bihan, Henri Alphonse Le Pape, Jean Le Tallec, Jean Lossouarn, Albert Pinson, Paul Riou et Christian Savary ) au terrain d’aviation de Servel près de Lannion.

Jean Péron avait 23 ans.

Son corps fut retrouvé le 17 septembre 1944.

La référence de son dossier n°616-633/EC/D fut transmise à la mairie de Le Merzer où il habitait.

Son nom figure sur le monument du terrain d’aviation de Servel où une importante cérémonie patriotique a lieu tous les ans le premier dimanche du mois d’août ; sur la plaque du lycée Émile Zola de (Ille-et-Vilaine).

Par contre les tragiques événements du 12 juin 1944 ne donnèrent lieu dans les années qui suivirent la Libération à aucune commémoration significative dans la commune de Senven-Léart où aucun monument commémoratif n’a été érigé.

Commentaire de l’auteur

Sourcesx -Archives dép. Côtes d’Armor 165J3, 2W88, 2W237, 1043W3, 1369W15. -Joseph Darsel, La Bretagne au combat, Le Signor, 1980 ; -Serge Tilly, L’occupation allemande dans les Côtes-du-Nord 11940-19441, lieux de mémoire, Cahiers de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord, n°10, 2004 et n°11, 2005. Etat-civil précisé par la Mairie de Moustéru. .