Loustaunan-Lacau Georges

Alliance

Auteur de la fiche : L'Association du réseau Alliance

Georges Loustaunau

Georges Loustaunau-Lacau est né en avril 1894 à Pau. Il intègre Saint-Cyr en 1912, au sein de la promotion Montmirail, promotion qui versera l’un des plus lourds tributs à la Grande Guerre avec 233 de ses 400 élèves morts pour la France. Sous-lieutenant en 1914, d’emblée engagé dans la Guerre, il s’y distingue par son courage et sa détermination dans les rangs du 132e régiment d’infanterie. Il mérite la première de ses cinq citations en assurant seul la liaison avec l’état-major sous un déluge de feu allemand, avant de prendre la tête du détachement chargé de la garde du drapeau de son régiment sur l’Aisne. Pour son courage sous le feu à Reims, à Verdun, et dans la Somme, il est décoré de la Légion d’Honneur à 23 ans.

Le 22 novembre 1918, le capitaine Loustaunau-Lacau a l’honneur de commander la première patrouille qui entre dans Strasbourg, après 48 ans de présence allemande.

Admis à l’école de guerre en 1922, le capitaine Loustaunau-Lacau en sort major. Il rejoint ensuite le Maroc, où il s’illustre une fois de plus au sein de l’état-major du maréchal Pétain pendant la guerre du Rif. Puis c’est la Rhénanie et la Grèce, où il sert comme conseiller militaire. Promu chef de bataillon, il prend le commandement du 24e bataillon de chasseurs alpins en 1932 où il met en application ses théories sur le combat d’infanterie. Il rejoint à nouveau le cabinet du maréchal Pétain.

Au printemps 1940, alors que l’armée française connaît le plus grand désastre de son histoire, il tient tête aux blindés de Rommel sur la Saulx, entre MARNE ET MEUSE dans la région de Vitry le François, détruisant 22 chars allemands avant de s’effondrer, grièvement blessé d’une balle dans le dos.

Fait prisonnier, il parvient à s’évader et rejoint la zone libre. Le commandant Loustaunau-Lacau s’appuie alors à Vichy sur ses contacts d’avant-guerre pour mettre sur pied le réseau de résistance Alliance, qui sera considéré par le général De Gaulle comme l’un des plus efficaces. Ce réseau s’étend dans toute la France et renseigne directement l’Intelligence service britannique. Dès 1941, Loustaunau-Lacau est recherché par les Allemands.
Capturé en 1942, torturé durant six mois durant dans les caves de la Gestapo, il est déporté à Mauthausen au terme de 54 interrogatoires en n’ayant jamais livré la moindre information. Jusque dans les camps, le commandant Loustaunau-Lacau s’affirme comme un chef énergique et un homme de caractère, protégeant ses camarades et n’hésitant pas à parler en leur nom. Il survit par miracle aux marches de la mort et est libéré en avril 1945.

Rentré en France, il se heurte aux sectarismes de l’après-guerre, lui dont l’engagement pour la libération du pays avait toujours été l’unique ligne de conduite.

L’historien Simon Epstein résumera ainsi ce parcours atypique : “ Nombre d’antifascistes de 1936, basculés collaborateurs en 1940 mais experts à se faire pardonner en 1944, auront connu une Libération plus paisible que celle qui s’acharna sur ce résistant de la première heure, rescapé de Mauthausen et des marches de la mort ”.

Il rédige ses Mémoires au titre hautement symbolique de « Mémoires d’un français rebelle » et plusieurs autres ouvrages qui expriment sa pensée riche et ses fortes convictions. Élu député du Béarn en 1951, il siège à l’Assemblée Nationale. Victime d’un malaise le 11 février 1955, alors qu’il vient d’être nommé général de brigade, il meurt chez lui le jour même.

Héros de guerre et ardent patriote, le général Loustaunau-Lacau incarne magnifiquement la droiture, la fidélité à ses idéaux et le service désintéressé de la France. Il eut toujours la force de demeurer, envers et contre tout, dans ses combats comme dans son âme, un Français Libre