« De l’Ombre à la Lumière : portraits de femmes dans la Résistance ».

Rencontre prévu le 25/05/2019

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        Le 25 mai 2019, lors des Portes Ouvertes du Collège Rose Valland de Saint Etienne de Saint Geoirs, 34 élèves volontaires de 3eont présenté ont présenté leur exposition « De l’Ombre à la Lumière : portraits de femmes dans la Résistance ».

     Deux ans auparavant, suite à deux lectures sur Charlotte Delbo et Charlotte Salomon, est née l’idée de sortir de l’oubli ces femmes anonymes, courageuses et déterminées, qui ont agi dans l’ombre, parfois au péril de leur vie, entre 1940 et 1945.

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      Cette exposition est le fruit d’une année de travail interdisciplinaire sous la direction de Mme Petitclerc, professeur d’Histoire-Géographie, avec Mme Thomas, professeur d’Allemand et Mme Scopelliti, professeur de Français. Dans les collèges Mariotte de Saint Siméon de Bressieux et Rose Valland de Saint Etienne de Saint Geoirs, lors des cours d’allemand, ont été étudiées des figures de la Résistance pour la plupart d’origine germanique. Lors des séances dédiées au projet, ont été approfondis le contexte historique et les domaines d’actions de ces femmes dont certaines ont fait l’objet d’une mise en lumière.

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       Le parcours de la visite était ponctué de tableaux, d’acrostiches témoignant du ressenti des élèves et de panneaux explicatifs décrivant minutieusement l’implication multiforme de Celles qui ont décidé d’entrer en Résistance. Un cheminement conduit le visiteur à travers différents espaces. Le bureau de la Kommandantur, sur fond rouge, pointe des résistantes de différentes origines, de tous les milieux sociaux et de tous les âges. Chez Marie Reynoard, sur fond noir, sont mis en évidence des femmes et les différentes actions qu’elles ont menées (espionnes du SOE, presse clandestine, agent de liaison, distribution de tracts, création de faux papiers, hébergement de Juifs ou réfractaires au STO, etc.). La déambulation plonge ensuite le visiteur dans un espace noir fermé mobilisant plusieurs sens : le toucher du tissu, la vue avec la mise en lumière d’une œuvre déstabilisante et l’ouïe avec la diffusion d’une bande-son issue d’un travail collaboratif sur la violence de guerre en Éducation Musicale. A la sortie, entre blanc et noir, un zoom sur les maquis et notamment celui du Vercors mène à la gare de Compiègne, par laquelle de nombreuses Résistantes arrêtées ont transité. Trois trains matérialisent les trois camps principaux vers lesquels elles furent déportées : Auschwitz-Birkenau, Mauthausen et Ravensbrück. Ce dernier, visité lors d’un voyage d’étude en avril 2019, a fait l’objet d’une description plus approfondie en insistant sur la ténacité des déportées qui ont poursuivi leur combat malgré l’enfermement. Le parcours aboutit au mobile qui célèbre ces héroïnes au visage connu ayant agi sous leur identité réelle ou leur pseudonyme comme ces femmes de l’ombre dont nous n’avons qu’un nom.

     La réussite de ce projet repose également sur l’implication des familles autour des élèves : témoignages des grands-parents et accompagnement dans la réalisation des productions, prêt d’objets d’époque.

       Différentes interventions et actions ont jalonné l’année : M. Patrat, chargé de communication à la Marie de Saint Etienne de Saint Geoirs (affiche), l’Association ERRA (Présentation de femmes résistantes locales, codage/décodage, code morse et objets cachés du SOE), l’Association nationale des pionniers et combattants volontaires du Vercors (Les femmes dans le Vercors) et visite du Musée de la Résistance.

       En parallèle, dans le cadre du Concours National de la Résistance, pour lequel ils ont reçu le premier prix départemental de la 4ecatégorie « Travaux collectifs collège », 18 élèves du groupe ont créé un ensemble de souvenirsayant appartenu à une femme fictive de la Résistance locale sur le thème imposé « Répression et déportations en France et en Europe – 1939-1945 – Espaces et histoire » : cartes postales, journal intime, carnet de déportation, etc…

       L’investissement et l’intérêt remarquable des élèves témoigne d’une volonté forte de transmettre la mémoire tout en réhabilitant ces femmes dont le rôle a été fondamental dans la Résistance.