Maurice Druon

Maurice Druon

Maurice Druon s’évae par les Pyrénées en 1942 et rejoint la France Libre où à Londres il écrit avec son oncle Joseph Kessel « Le Chant des Partisans ». Ecrivain réputé, il fut Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie Française et Président d’honneur de la Fondation de la Résistance.

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Durée : 33:55

L’engagement

« C’est très simple, j’étais parti à cheval pour entrer dans Berlin, je me suis retrouvé sur la Dordogne avec des chenillettes ! Alors c’est une humiliation insupportable, vraiment, à la fois une détresse intérieure et une fureur intérieure et à partir de ce moment-là, je peux dire j’étais résistant »

Là vous étiez jeune officier de cavalerie à ce moment-là ?

« Jeune officier de cavalerie sorti de Saumur avant la promotion qui a fait la bataille mais je me suis trouvé d’ailleurs dans le secteur et dans cette retraite abominable, humiliante. Vous savez, la panique c’est une épidémie même les gens qui ne craignent rien foutent le camp. Alors humiliation de la défaite de la France, humiliation de cette glissade de la moitié de la France sur l’autre, j’étais tout de suite… c’est impossible, et il faudra combattre par tous les moyens. Et je vais vous dire très simplement, quand je suis arrivé, quand je suis arrivé justement sur les bords de la Dordogne, quand j’ai pris cantonnement à Saint-Michel-de-Montaigne, près de la tour de Montaigne pour remâcher ma détresse et mon chagrin, j’ai lu dans « la Petite Gironde » qui paraissait encore, j’ai lu un entrefilet qui annonçait l’appel du Général de Gaulle »

 C’est à ce moment-là que vous en avez entendu parler ?

« Exactement, non, de Gaulle, nous connaissions son nom, ce Général venait d’entrer au gouvernement mais c’est là l’appel, je l’ai pas entendu mais j’en ai vu le résumé dans « la Petite Gironde », et à la tête de mes 4 ou 5 camarades, jeunes officiers aussi, je suis allé me présenter à mon colonel qui était un héros, un homme magnifique, on l’aurait suivi n’importe où, et je me suis mis au garde-à-vous et je lui ai dit « mon colonel, nous venons vous demander notre liberté.

On sortait de Saumur hein, on ne désobéissait pas si facilement, et le colonel, qui était un type magnifique je le répète, m’a dit « et pourquoi faire ? » « Pour rejoindre le Général de Gaulle qui vient d’appeler… ». Et ils nous ont dit ceci « mes petits-enfants, vous avez des hommes sous vos ordres, on ne les abandonne pas ». Ceci a été pour moi… c’était idiot, trois semaines après, ils seront démobilisés mais ça ne fait rien et il a ajouté « et pour ce qui est de l’honneur de l’armée française, vous me permettrez de penser que le maréchal Pétain en est meilleur juge que le Général de Gaulle ».

Et alors là, c’est là le crime Pétain, c’est qu’il a été l’alibi de toutes les démissions y compris chez des hommes qui auraient, qui seraient partis, on leur aurait dit « on continue en Afrique du Nord » mais le colonel magnifique passait avec, nous suivions tous. Donc là il y a le crime, il y a le crime Pétain qui est celui de la démission… l’alibi de toutes les lâchetés mais également la paralysie de beaucoup de courage. Eh bien, je suis resté, je suis resté dans l’Armée de l’Armistice et voilà pourquoi je n’ai pas rejoint le Général de Gaulle plus tôt. Je le regrette.

 Vos Premiers actes de résistance ?

Je suis resté dans l’Armée de l’Armistice où nous avions, où nous étions dans un état d’esprit résistant et puis quand j’ai été démobilisé, j’ai refusé de monter en zone libre… Il fallait vivre, j’ai refusé des emplois officiels qu’on m’offrait, je me suis débrouillé avec ma plume et j’ai… accompli quelques actes de résistance.

J’appartenais au réseau CARTE, qui n’a pas été le plus brillant parce que « CARTE » –  André Girard –  était un illuminé mais qui roulait les Anglais, qui a roulé Churchill, enfin Churchill a cru que c’était le grand mouvement de Résistance et il lui a envoyé, il lui faisait confiance, lui a envoyé des postes émetteurs, quand il a demandé qu’on lui envoie aussi les opérateurs, alors là on a commencé à s’inquiéter. Bon tout à l’avenant… on ne devait connaître personne, c’était la clandestinité absolue et puis tout le réseau a été décimé parce quelqu’un avait tous les noms sur son carnet d’adresse, enfin, y’a même eu des choses ubuesques mais c’est ça la Résistance, il y a eu de tout. Il y a eu de l’héroïsme et de la forfaiture, improvisation, fallait … un petit peu de délire au tout début pour y entrer. Bon, alors qu’est-ce que j’ai fait ? Rien d’extraordinaire… Agent de liaison, fausses cartes d’identité, hébergements, bien. J’ai, c’est à cette époque que j’ai connue en zone libre, Emmanuel d’Astier et Henri Fresnay et un certain nombre d’autres et puis voilà.

–      C’est au moment où votre réseau a été démantelé que vous avez décidé de regagner Londres ?

Oui. Ça s’est trouvé à peu près en même temps que l’entrée des Allemands en zone libre le 11 novembre, le 11 novembre 42… et le 11 novembre 42, quand la flotte française s’est brillamment sabordée dans 50 centimètres d’eau à Toulon, car, et là je fais une incidente. Parmi les trahisons, la pire a peut-être été celle de Darlan. Imaginez que Darlan qui avait embarqué d’abord les parlementaires mais pourquoi particulièrement les parlementaires Juifs sur le Massilia pour les faire arrêter après…

Darlan qui avait promis aux Anglais que la flotte ne serait pas livrée aux Allemands. S’il avait donné l’ordre à la flotte de rejoindre la flotte anglaise ou en tout cas un port lointain français pour pouvoir après ça rejoindre… la guerre aurait été raccourcie d’un an. Il n’y aurait pas eu Mers el-Kébir, il n’y aurait pas eu l’escadre d’Alexandrie qui pendant qu’on se battait en Libye, pendant qu’il y avait El-Alamein et Bir Hakeim, était là tranquillement au port … à prendre le soleil en Égypte.

Criminel ça ! Alors je vous dis novembre 42, etc. j’ai senti que… je pouvais plus rester. Et puis, il y a quelqu’un qui ne pouvait plus rester non plus, c’était Kessel, mon oncle Joseph Kessel était lui très visible, très voyant et très recherché. Et figurez-vous que Laval lui avait fait proposer un passeport, partir pour les États-Unis, où il voulait et Kessel a refusé. Il ne voulait pas tenir son passeport de Laval.

Et nous avons cherché à partir. Alors ce n’était pas si commode, on a fait plusieurs tentatives. Une d’abord s’est mal soldée, on est arrivé, on a senti tout de suite que les passeurs allaient nous faire prendre, enfin qu’ils n’avaient pas  … et il dit non. Et puis je suis resté dans les Pyrénées Orientales, alors je suis resté à Perpignan pour ensuite trouver un autre passage et je l’ai trouvé. Kessel est venu me rejoindre et nous avons choisi de franchir les Pyrénées la nuit de Noël.

Pourquoi ? Ben parce que les polices, elles célèbrent Noël aussi. Alors y’avait la police française, y’avait la police allemande et il y avait les carabiniers espagnols. Ben écoutez on a… on a longuement marché dans la montagne la nuit de Noël, alors c’était assez étonnant, le passeur… le passeur était un ancien aide de camp d’Azaña, un républicain espagnol. Et puis après ça, on a traversé l’Espagne. Après ça, Portugal, … un avion panier à salade pour Londres. 8 jours, 8 jours à Patriotic School, voir si on n’était pas des espions, eh ben voilà, et puis nous sommes arrivés et puis on s’est présenté devant le Général de Gaulle.

–      Il vous a reçu ?

Oui

–      Tout de suite après Patriotic School ?

Tout de suite après. Il a d’abord reçu Kessel, avec lequel il s’est entretenu longuement et puis moi qui suis sorti un petit peu après. Il m’a reçu, c’est bref, c’était bref mais il m’a dit « vous êtes de ces bons français qui nous dictent notre devoir » … C’était déjà le Général de Gaulle hein ! Impressionnant le connétable et puis enfin il était l’espoir de la France, on était fin 42. Qu’il vous dise ça ! On prend ça dans l’estomac…

Ah vous savez j’ai eu des volontariats contrariés. J’étais passé en même temps qu’un certain nombre de, d’officiers français, il y avait le colonel Vautrin, il y avait Pierre Louis-Dreyfus et tout ça devait partir pour le Proche-Orient, et tout le monde part effectivement sauf que le jour où je devais partir, on devait venir me prendre à 8 heures du matin, à 9 heures personne, j’appelle, je demande et on me dit « ah on vous a pas dit, vous êtes rayé du shipping, parce qu’il fallait une place pour un général anglais, vous étiez le plus jeune, dans le grade le moins élevé, c’est à vous qu’on a pris la place ». Et je suis resté sur le pavé de Londres avec mon casque colonial, mes shorts et ayant bu, ayant bu la veille, en invitant mes amis, tous mes retards de solde…

Alors les tâches diverses, tâches intellectuelles, tâches littéraires, bon, parler à la BBC, écrits dans le journal de la France Libre, bon en attente tout de même d’une affectation. L’affectation, elle est venue, quand le Général de Gaulle est parti pour Alger, ah là aussi… Il était question qu’il change ses aides de camp, il changeait ses aides de camp régulièrement et j’étais prévu pour être un de ses nouveaux aides de camp.

Il est parti trop vite, il n’a pas changé de personnel et bien je suis resté et comme quoi ? bah comme aide de camp… du Général qui le représentait à Londres et qui était le Général François d’Astier de la Vigerie, le frère d’Emmanuel, le résistant.

Et j’ai fait le métier d’aide de camp à Londres pendant un certain temps, y compris, organiser la réception du GénéralGiraud. Après quoi, après quoi… je me suis trouvé affecté au poste « Honneur et Patrie » qui était différent de la BBC, qui était animé par André Gillois, il y avait également Claude Dauphin et moi, on était soi-disant un poste inconnu, qui était d’ailleurs… on travaillait hors de Londres, à Woburn, près de Woburn Abbey et on a fait ça pendant longtemps et en même temps on travaillait avec les chefs des opérations pour la France, commandé par un certain docteur Beck.

Il est allé s’enfermer à Woburn Abbey et il a monté des trucs extraordinaires. Et toutes les semaines, on se retrouvait et avec les derniers arrivants de France, c’est comme ça que j’ai vu Grenier arriver, que j’ai vu arriver Waldeck Rochet.

 1943. Le chant des Partisans

   – Est-ce que vous continuiez à ce moment-là à écrire non seulement des articles ou des discours, mais des livres, est-ce que vous aviez le temps ?

J’ai écrit mon premier essai : « Lettres d’un Européen ».

–      Prémonitoire ?

Oui, pour l’Union Européenne et j’y écrivais qu’il faudrait réadmettre l’Allemagne dans le ConcertEuropéen. Et ça a été publié au début de 44 à Alger.

Et puis, et puis entre temps on avait écrit « le chant des Partisans », alors une commande, une commande des chefs de la Résistance, notamment d’Emmanuel d’Astier que nous connaissions de France comme je vous l’ai dit. Quand il venait en mission à Londres, nous dit « il faut un chant pour unir les résistants.

Ça a une importance dans toutes les armées mais bien plus encore quand les combattants ne se connaissent pas. Faut quelque chose pour les réunir ». Et il avait insisté. Nous allions dans un petit club français de Londres dont la plupart des Français Libres vous auront parlé, et y’avait là une jeune chanteuse compositrice slave, qui chantait aux Armées en même temps et qui venait un peu bercer nos nostalgies.

Et parmi les airs sur lesquels elle travaillait, qu’elle inventait, y’avait pas encore de paroles, ou peut-être 3, 4 mots russes enfin voilà, nous avons isolé, d’Astier, Kessel et moi et Gillois également, cette, la musique des Partisans, très inspirée d’ailleurs des films soviétiques sur la Résistance russe. Et un soir, un jour, nous nous sommes mis, nous nous sommes mis dans une chambre d,un petit hôtel des environs de Londres où il y avait un vieux cuisinier français, Kessel et moi, on s’est dit « ben il faut y aller, il faut leur faire », bien.

Kessel pour la musique disait « je reconnais la Marseillaise parce qu’on se lève », pour ma part, mes études de piano se sont arrêtées à mi-do-ré-mi, j’ai pas pu aller plus loin. Mais enfin, je pouvais tout de même sur un piano désaccordé… et puis on s’est mis… et d’abord j’ai pensé, « quels sont les chants de résistance en France ? », j’ai pensé aux Chouans et là le premier mot c’était « Amis entends-tu le cri sourd des hiboux », puis on a trouvé que pour les SS, pour la Gestapo, le hibou était un trop bel animal alors on l’a transformé en corbeau.

Et puis c’est venu comme ça. Il faut dire qu’avant, Kessel et moi, on avait traduit des chansons russes. Il me faisait la traduction, je le mettais en vers et ça nous a été une, comment dirais-je… comme un exercice préparatoire, et qu’est-ce que c’était ? Essayer de ramener avec les mots les plus simples ce qu’était le combat de nos amis restés en France et donner un sens, donner un sens à, au sacrifice de ceux qui tombaient et aux espoirs de ceux qui continuaient la lutte.

Étant donné que le « chant des Partisans » a été chanté dans les prisons, qu’il a même été chanté par des condamnés à mort et que la rafale de mitraillette leur a coupé le chant dans la gorge, je dis toujours « les Partisans, ça n’appartient pas à leurs auteurs, ça appartient à ceux qui l’ont chanté ». Et pour l’auteur, pour les auteurs, j’oserai dire que c’est la justification… d’une vocation d’écrivain que d’avoir glissé un petit feuillet dans l’histoire. Ça a été diffusé à la BBC, la première qui l’a chanté, c’est Germaine Sablon. Ca a été répandu… ça a été répandu, par avion je crois, au-dessus de la France, ça a été imprimé dans les premiers Cahiers de Libération par Emmanuel d’Astier et ça a été imprimé en Algérie, anonymement, dans la revue « Fontaine »… et puis surtout l’air a servi d’indicatif à notre poste « Honneur et Patrie », si bien qu’après la Libération, quand je suis arrivé en France, quelle a été ma surprise la première fois quand j’ai pris le métro, de voir devant moi un ouvrier plombier avec sa sacoche en métal sur le côté et qui sifflait « le chant des Partisans ».

–      Le Général de Gaulle, vous l’avez revu à Londres ?

Peu à Londres… Je l’ai revu à Alger aussi.

–      Finalement, vous êtes allé à Alger alors

Oui

–      Pas comme aide de camp, mais vous y êtes allé quand même

Alors c’était pour le ministère de l’Intérieur, pour un truc de propagande et puis à ce moment-là je suis arrivé et il y a eu l’annonce on n’allait plus… c’était avant le débarquement alors que j’avais ma place prévue dans le corps de débarquement de Boislambert… les administrateurs vous savez, les officiers d’administration immédiate.

–      Là vous êtes correspondant pour plusieurs journaux ?

Pour la radio nationale d’abord, avec un car vous savez pour faire des… bon, puis… oui pour plusieurs journaux, pour « les Nouvelles du Matin » de, qu’avait fondé Jean Marin, tout de suite, enfin voilà, et j’ai fait à peu près tous les fronts y compris celui des Alpes qui n’était pas nul, y compris, y compris celui des poches, des poches atlantiques et puis j’ai remonté tout le front d’occident, depuis Bâle ou Mulhouse jusqu’aux Iles de Zélande. J’ai été avec la 1èreDFL, j’ai été avec Brosset, j’ai été avec lui 8 jours avant sa mort, c’était un homme extraordinaire, en short dans la boue des Vosges conduisant sa jeep en vous donnant le sentiment du galop… « Est-ce que le pont est miné mon petit ? »… L’aspirant dans sa tourelle disait « mais on n’est pas sûr ». « Bon, allons voir ! »… Et ayant lancé sa division à l’attaque, il a cassé une jeep, il avait Jean-Pierre Aumont comme aide de camp, il a pris la jeep de quelqu’un qui passait, il a cassé une deuxième jeep, il en a repris une troisième et il s’est retourné Et bien écoutez à 8 jours près, on était avec lui.

 

Sur la nécessité de témoigner ?

Il y a des moments où je me dis que le destin m’a préservé probablement pour je joue mon rôle de témoin. Il faut témoigner, oui, il faut témoigner pour un temps qui fût celui de l’horreur et de la grandeur. Tout de même, c’est une somme de courages individuels, de décisions individuelles. Chaque résistant de l’intérieur ou de l’extérieur a pris une décision individuelle. C’était une affaire de tempérament. Alors c’est pour ça, quand vous avez eu des gens de toutes confessions, des gens de toutes les options politiques… de tout… de toutes professions… ils se sont révélés… Je prends un garçon… Morandat, Yvon Morandat, celui que j’appelais « l’archange en casquette », petit syndicaliste, ce qu’a fait Morandat, merveilleux ! Voilà un exemple, sans parler des grands comme Brossolette ou Jean Moulin mais voilà le type du résistant modeste, parti de rien et qui prend l’Hôtel Matignon en arrivant à bicyclette ! Ça c’est pour la Résistance intérieur. Léon Bouvier, dans la Résistance extérieure, ayant perdu sa mère, rejoignant son père en Pologne, son père est tué sur le toit de l’Ambassade de France au moment de l’invasion de la Pologne. Bouvier n’a pas 16 ans et il part à travers l’Europe, il a 5 dollars en poche je crois, il fait de tout, il vend des marrons et il s’assoit sur son poêle pour se réchauffer, il traverse la Roumanie etc., il rejoint Le Caire et il s’engage dans les troupes, avant l’âge, on le raye, on l’envoie dans une école et il repart. Bir-Hakeim. Refusant d’être dans un état-major, d’être secrétaire… il fait un convoi, il perd un bras et l’autre très abîmé, il perd le bras droit d’ailleurs et l’autre très abîmé et il… dès qu’il est, dès qu’il est à peu près debout, celui qu’on appelait « le petit Bouvier », car il était petit, il repart à l’Ecole des Cadets, bon. Il est devenu Bouvier, Ambassadeur de France… et il me dit « mais tout ce que j’ai eu, ambassadeur, etc., je sais bien que c’est à mon bras que je le dois ! »

–      Magnifique

La Résistance en quelques mots

Ça a tout de même été inspiré essentiellement par de Gaulle. « La flamme de la Résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». Le gaullisme qu’a été notre école, le gaullisme n’est pas une doctrine politique, c’est encore moins un programme, c’est une morale. Une morale pour le citoyen, une morale pour le gouvernant, une morale pour la nation. Et le Général a dit « toutes les grandes choses qui ont été dites à l’humanité étaient des choses simples », et bien lui, il a défini la morale gaullienne, pas le 18 juin, le 22 juin, dans le deuxième appel, par cette phrase superbe « l’honneur, le bons sens, l’intérêt supérieur commandent de continuer le combat ».

Ça a été notre morale à tous, en France, hors de France, sur tous les fronts. Ça aurait dû être la morale de la France après la Libération et… et non pas le retour aux démagogies qui a empêché de Gaulle de rester au pouvoir. Pour chacun de nous, quand un problème difficile se pose, nous devons nous poser les trois questions.  D’abord, qu’est-ce commande l’honneur ? deuxième question le bon sens, le jugement, hein, pas de bêtises. Clairvoyance. Et enfin l’intérêt supérieur, « pense pas à toi, pense aux autres ». Ben ça, c’est la morale des épreuves et cette morale des épreuves, elle a servi. Elle a servi à nous amener tout de même à la table des vainqueurs. Elle a servi à nous amener au siège permanent au Conseil de Sécurité, et elle nous servira, elle devrait nous servir en toutes occasions, en toutes circonstances où la France, la civilisation française serait en danger ».