Bernard Henri Bonnafous

Bernard Henri Bonnafous

Chef Régional Adjoint de l’Armée Secrète en Languedoc Roussilon, puis chef des F.F.I de l’Aveyron.

Vidéo

Durée : 21:26

L’engagement

« J’ai été démobilisé en mai 41 et j’ai cherché le contact immédiatement, je veux dire que pour moi la résistance n’a pas posé de problème. D’origine j’étais résistant, sans doute parce que j’étais, ma famille était très patriote et puis ma mère était Lorraine, mon père Cévenol, j’étais de famille protestante, les camisards je savais donc toujours est-il que je n‘ai pas hésité et dès ma libération, je suis parti chercher le contact avec la Résistance.

Je suis d’abord allé à Nice, pensant trouver un contact à Nice, que je n’ai pas trouvé. Et là j’étais inscrit à la fac de droit et j’ai fait la connaissance d’un homme, Pierre Stibbe, et c’est par lui que je suis rentré en résistance. Et il m’a fait connaître Francis Missa qui était le chef régional Libération et c’est comme ça que je suis rentré en résistance.

L’action

Pierre Stibbe est parti très vite pour Paris, et j’étais chargé d’organiser le secteur dans la régionoù étaient mes parents. Le noyautage de la mairie, le recrutement des gens, enfin tous les éléments de cette Résistance balbutiante et difficile de l’époque. Et puis un jour, on est… au printemps ou à l’été 42, arrive Lucie Aubrac qui était la patronne de Libération Sud.

Nous déjeunons, elle, Stibbe et moi et elle me dit « mon mari a besoin d’hommes, il n’en trouve pas, voulez-vous venir à Lyon ? ». Et à Lyon, donc Aubrac m’a confié des missions de récupération d’armes de l’armée de l’Armistice. J’ai fait une première mission à Montpellier, j’ai rencontré un capitaine, autant taire son nom parce que c’était un salopard, et qui m’a évincé.

Je suis revenu à Lyon, et là j’ai rencontré, j’ai revu Aubrac et d’Astier de la Vigerie qui m’ont dit « retournez à Montpellier et dites à cet officier de déférer le serment. Je suis reparti pour Montpellier, j’ai revu ce capitaine et je lui ai dit « déférez le serment », à ce moment-là, il m’a donné une adresse à Castres, je suis parti pour Castres, j’ai rencontré un autre officier qui m’a évincé. Je suis revenu à Lyon, en disant à Aubrac « échec ». Il m’a envoyé faire une deuxième mission à Limoges où j’ai rencontré (inaudible), le nom vous dit quelque chose, c’est un ancien de la Résistance, et de là à Châtellerault où également j’ai été victime d’un échec. Je pense que l’armée là, pas à Montpellier, parce qu’à Montpellier les armes ont été jetées dans un canal, mais peut-être qu’à Châtellerault, les armes ont été récupérées par l’0RA.

Je suis donc revenu à Lyon et à ce moment-là, c’était donc fin 42, … les mouvements commençaient à s’organiser et Missa m’a rappelé à Montpellier. Je suis revenu à Montpellier et là nous avons eu une réunion dirigée par Henri Frenay. Il y avait donc là Frenay, Bailly, Missa, Léon Freychet, président directeur général des caves de Roquefort, Gilbert de Chambrun qui venait de Lozère et moi. Et là a été constitué l’état-major de l’Armée secrète R3.

Raymond Chauliac a été désigné comme Chef régional et j’ai été désigné comme Chef régional adjoint. Et dans cette même réunion, Léon Freychet a été nommé Chef de l’AS dans l’Aveyron, et Chambrun a été nommé Chef de l’AS en Lozère. Il est resté relativement peu de temps d’ailleurs parce qu’il a été nommé Chef régional du NAP, noyautage de l’administration publique où il a été très très efficace. Et donc je reviens, je quitte cette réunion, alors Raymond Chauliac m’a demandé de m’occuper de l’Armée secrète sur le littoral, autrement dit Gard, Hérault, Aude, Pyrénées Orientales.

Il a confié l’AS à Freychet et à Chambrun, la Lozère. Alors là, quelle était notre organisation ? A Montpellier, nous avons eu le colonel Colin et le commandant Morel qui ont pris la charge de l’Armée secrète. A Béziers même, il y avait Lanetqui a été ministre…, qui a été ministre d’un gouvernement quelconque,Raynaud, enfin plusieurs camarades qui avaient fait… et Poitevin qui était là et à Perpignan c’est Torcatis.

Le Chef de l’Armée secrète était le général Delestraint à ce moment-là

Alors à ce moment-là, justement le général Delestraint venait, avait été nommé au début 43.

En juin 43, nous sommes convoqués à Lyon pour rencontrer Vidal, puisque c’est le nom de Delestraint et lui rendre compte de la situation. Chauliac, je sais pas pourquoi, ne pouvait pas venir, il avait officiellement une mission, je sais pas, il pouvait pas, je me suis fait accompagné de Pavelet, un officier que j’avais recruté chez le docteur Luscan à Montpellier et qu’on avait chargé des maquis qui naissaient puisque c’est en fin 42 que le STO a été décrété.

Et alors nous sommes arrivés et j’ai vu Delestraint, enfin Vidal, je lui ai rendu compte de la situation dans la région et nous sommes allés déjeuner. Et je me souviens, pendant le déjeuner j’ai dit à Vidal « mais qu’est-ce qu’il arrivera après la victoire, que fera le général de Gaulle ? » et il m’a dit « tous nous insistons auprès du Général pour qu’après la guerre, il garde le commandement de la nation ». Je me souviens de ça.

 C’était en quelle année ?

 C’était en 43, en juin, 3 ou 4 jours avant que Delestraint parte pour Paris. Il est parti pour Paris, il a été arrêté à La Muette et il a été déporté. Il a été assassiné par un SS quelques jours avant la libération du camp.

Alors je suis revenu donc à Montpellier après cette entrevue. Dans l’Aude, j’ai désigné un nommé Bringer, qui était un jeune lieutenant qui a pris le surnom de Myriel et Myriel a été un garçon très efficace et quand j’ai quitté la région, ça a été, il a mené son département très bien, et puis il a été pris par les Allemands, il a été, il est mort dans des conditions dramatiques, avec plusieurs camarades, je crois qu’ils l’ont mis … les Allemands l’ont mis de la poudrière et l’ont fait sauter, ils l’ont fait sauter et il a été torturé avant.

Première arrestation

J’ai été arrêté en avril 43. J’ai été arrêté chez le major Flandre qui était major, c’était un major de l’Armée du Salut. Je sonne, on m’ouvre, un policier me met son revolver sur le ventre

Un policier français ?

Oui. Les 2 inspecteurs m’emmènent pour m’emmener à la police, à l’Intendance. Et puis à un moment quelconque un des hommes arrêtés parce qu’il y a eu 3 souricières dans la ville ce jour-là, un des hommes a dit que j’étais « Robin » et je vois encore le commissaire se précipiter sur moi en me disant « vous êtes Rich…, vous êtes Robin », « non, je ne suis pas Robin, je suis Bernard Bonnafous » car j’avais des vrais papiers sur moi. Mon nom « Robin » était connu dans la Résistance, mais j’avais sur moi des vrais papiers. Et alors il y a eu ensuite, il m’a, le NAP est intervenu parce que j’étais un gros poisson quand même… Et à ce moment-là le NAP est intervenu pour essayer de me faire libérer. Et le commissaire qui était au-dessus de était des nôtres. Je ne le savais pas mais il était des nôtres. Et il m’a convoqué en me disant « Monsieur Bonnafous, nous pensons que vous avez une activité mais nous ne sommes pas très sûrs et nous ne savons pas laquelle. Évidement je pourrais vous déporter… vous faire interner à Saint-Sulpice réflexion faite, je vous libère ». Je lui dis « ben je vous remercie beaucoup, surtout que je ne fais rien, je n’ai pas d’activité », alors il me dit « oui, oui bien sûr, enfin si vous avez une activité, il ne faudrait pas la reprendre tout de suite ». C’est incroyable quoi ! Et alors je lui dis « et à votre avis, combien de temps ? », « Oh une semaine ». C’est incroyable quoi comme entretien !

J’ai donc, j’ai retrouvé la liberté, j’ai poursuivi toute mon activité, sur tous les territoires que je vous ai cité l’Aude, Montpellier… dans le Gard. Dans le Gard j’avais un homme qui s’appelait Reboul, …les relations étaient difficiles avec le Gard, qui était plus implanté sur le parti communiste et la… et effectivement a été désigné un jour le nommé Brugier qui était un avocat, le fils d’un homme assez connu dans le Gard… Carré est arrivé en septembre 43, avec les autres VMR. Colin avait été arrêté, Morel a été arrêté, ils ont été fusillés tous les deux.

Beaucoup de vos amis ont été fusillés…

Beaucoup… c’est-à-dire, à ce niveau-là, au niveau où nous étions, généralement on était fusillé.

Alors à l’époque nous avions l’intention de créer des équipes, de construire des équipes qui feraient des sabotages de rues, de routes, de voies ferrées, nous recevions nos instructions de Lyon…

Aubrac, Lucie Aubrac, et à ce moment-là a été nommé comme Chef de l’AS, le général Dejussieu que nous appelions Pontcarral et nous avons donc exécuté tout le travail clandestin qui nous était… à tout organiser, tout préparer, à mettre tout en place, à être informé de tout ce qu’il se passe, de manière à pouvoir être totalement efficace le jour où il le faudrait qui était le jour de la Libération prévu.

 En septembre, donc arrive pour… arrive Carré, Leistenschneider, avant qu’il parte pour Lyon et Nantua où il a fonctionné avec la R1 et nous avons eu à ce moment-là 2 DMR, Riancourt d’abord, Cambas « Trapèze » dans le Nord et Picard, dit « Sultan » dans le Sud. En 43, Sultan m’a dit « je te fais entrer dans le réseau ACTION » 

Enfin vous étiez permanent ?

Oui absolument, ah j’étais totalement permanent jusqu’à la Libération. Et puis la formation des FFI se prépare. J’étais en relation avec le colonel Guyot, le colonel Guyot commandait l’ORA sur R3, R4. Je l’ai rencontré de temps en temps puisque nous avions quand même des échanges d’informations. J’ai connu des officiers qui ne marchaient pas, j’en ai connu 2 notamment, et un officier de la Légion étrangère que je suis allé contacter à Montpellier, rue des 2 ponts, juste derrière la gare, en lui demandant de venir parce que nous avions besoin d’hommes pour nos maquis qui se formaient, et qui a refusé

Ah oui

Oui … il a refusé… Le combat clandestin était très difficile à comprendre peut-être pour des officiers d’active, tellement spécial, et de fait il n’y avait plus rien… j’étais tout jeune puisque… quand je suis rentré en résistance j’avais 23 ans et… j’ai eu sous mes ordres, du moins sous mon commandement, sous ma responsabilité des colonels, qui jamais n’ont rien dit, n’ont jamais discuté. A aucun moment quelqu’un a dit « mais je prends la place, il n’est pas qualifié, je prends sa place », à aucun moment, par conséquent les grades en comptaient pas, personne ne savait qui j’étais… Personne ne savait qui j’étais et beaucoup ont continué à m’appeler Robin ou Richard après la guerre.

A ce moment-là les FFI ont été constitués, moi mon travail était de plus en plus physique parce que circuler sur tout ce territoire comme j’ai… qui était énorme, même si j’avais perdu le Gard, il y avait l’Aude, l’Hérault, les Pyrénées Orientales, c’est énorme et les unités avaient pris leur autonomie, c’était normal d’ailleurs, tous les commandements départementaux étaient en place et à ce moment-là Freychet qui dirigeait l’Aveyron a été arrêté et déporté. A sa place a été nommé, a été nommé Birebent pseudo Laroque, il a été arrêté, alors le directoire régional à ce moment-là m’a demandé de prendre l’Aveyron. J’ai donc quitté… la côte et je suis arrivé en Aveyron pour prendre le commandement des Forces Françaises de l’Intérieur.

 Et là ça représentait combien d’hommes ?

Alors là les maquis étaient, il y avait déjà quelques maquis qui étaient solides et qui ont très vite été organisés parce que le STO avait fonctionné. Les maquis FTP, je n’ai jamais connu leurs effectifs, ils étaient avec nous, mais j’avais un adjoint FTP, j’avais 2, j’avais un adjoint ORA qui était le commandant Puget qui habitait Réquista et un adjoint FTP qui était Fournier dit « Charles » et j’ai jamais connu les effectifs FTP réels.

Dans nos maquis…ils ne sont pas tous partis en Alsacemais ceux qui sont partis en Alsace avec moi étaient 1605, exactement, parce que j’avais fait une demande d’équipements pour 1605 et je suis donc arrivé en Aveyron et alors là j’étais en contact avec Vauban.

Vauban était le chef des renseignements du MUR, mouvement de Résistance et Vauban arrive et me dit « j’ai besoin de trouver un homme qui me fasse du renseignement sur la côte » et je l’ai envoyé à René de Forton… René de Forton qui était un officier de marine, qui était capitaine de frégate je crois. Et alors j’étais aussi en contact avec le Service national Maquis qui avait été créé à ce moment-là. J’ai reçu un délégué militaire en la personne de « Arête », René Dinomais pseudo Arête qui a été parachuté à côté de Sévérac-le-Château au tout début juin, avec un radio qui était mon vieux copain et 2 instructeurs saboteurs. Et Arête a pu nous faire des quantités de parachutage… les armes ont été réparties par lui et par moi au mieux, le mieux possible, avec le plus d’égalité possible entre tous les maquis.

 Seconde arrestation

Un jour Arête me dit « il y a eu un échange de prisonniers à Albi, entre prisonniers allemands et prisonniers français et ils vont faire de même à Rodez » parce qu’on avait quelques camarades emprisonnés dont un, mon prédécesseur qui à notre avis risquait gros. Et le Consul d’Espagne me donnait de très bons espoirs de réussite du projet. Et Arête me dit « dites au Consul que le 1eraoût, à 10 heures, nous serons à tel endroit, aux portes de Rodez, dans l’attente de notre prisonnier avec un officier allemand et vous », le consul. Je reviens à Rodez, la veille je crois, le lundi… et je le dis au Consul d’Espagne. Le lendemain, nous partons à 4, Arête, moi et nos 2 chauffeurs. Nous sommes descendus de voiture et nous marchons de long en large. Les Allemands étaient là. Une fusillade énorme éclate… Roland Saules, le chauffeur d’Arête tombe mort, d’une balle dans la tête, Arête blessé, je me précipite, moi indemne, … Cransacmon chauffeur indemne, je me précipite, j’amène Arête dans un fossé, je lui fais un garrot, je prends ses papiers et je brûle tous les papiers, le code etc. Le temps que je fasse tout ça les Allemands étaient sur nous, ils me prennent, ils me mettent des cordes ou je ne sais pas quoi… et ils se penchent sur Arête. A ce moment-là un coup de feu claque, ils avaient achevé Arête d’une balle dans le tête.

On me met en taule… dans la prison de la Gestapo. On me met devant le chef de la Gestapo qui me fait mettre les menottes devant, c’est plus pratique que derrière le dos, et qui me pose une question, je me rappelle pas très bien, alors je lui dis « vous ne devez me poser aucune question, nous avons été pris par trahison quelconque, nous étions là pour faire un échange de prisonniers et si je ne suis pas libéré aujourd’hui même, tous vos prisonniers allemands seront fusillés ce soir ». Évidemment le chef de la Gestapo était un peu surpris, c’est la première fois qu’on lui tenait un discours pareil, d’un type enchaîné devant lui. Et je lui dis « je vous connais très bien, vous vous appelez… nous vous connaissons bien, vous vous appelez Herbert Boëttger et votre collègue Arthur Fienemann est actuellement en permission ».

Et alors les 2 sbires qui étaient à côté sont partis d’un éclat de rire énorme, ……le FFI enchaîné en uniforme disant tout ça à un chef de la Gestapo, ça les sidérait. Boëttger a pris son appareil, a eu une longue conversation en allemand, que je ne connaissais pas à l’époque et après ça, il a posé l’appareil et il m’a dit « cette affaire ne me concerne pas, je vous remets à la Wehrmacht ». Et j’arrive devant le colonel allemand qui était débout derrière sa table avec debout son officier major à côtés et moi debout devant lui et alors nous nous sommes expliqués …et je lui ai dit « nous avons été attaqués, c’est inadmissible alors que nous traitons bien nos prisonniers », et le colonel me dit « ça je le sais, c’est exact ». Et une conversation tellement aberrante, il a fait venir le Consul d’Espagne qui a dit qu’effectivement il avait appris en dernière minute que l’échange ne pouvait pas avoir lieu et au lieu de venir lui-même au rendez-vous pour dire, « foutez vite le camp », il nous a dit texto, j’ai encore ses mots dans la tête « je me suis demandé avec angoisse ce qui allait arriver ».

Et l’angoisse c’était qu’il y avait une troupe allemande qui nous a vus et qui a voulu nous liquider. Et le colonel a chassé de son bureau le Consul d’Espagne et nous avons continué à parler… Et alors vous me croirez si vous voulez, mais c’est incroyable, le colonel allemand m’a dit, je lui ai dit qu’il y avait eu des exactions épouvantables, on avait eu des camarades brûlés dans une grange etc. et il m’a dit « vous ne savez pas, la Wehrmacht, ce sont les SS » et il m’a dit « pouvez-vous le faire un rapport sur les atrocités SS ». Un colonel allemand en uniforme devant moi en uniforme FFI 

Et il me dit « vous trouverez bien le moyen de me faire passer ça », je dis « oui, je trouverai ». Et alors il me dit « vous êtes libre ».

 Le dénouement

Arrive la Libération et là je signe un acte d’engagement, l’acte n°1, pour la 1èreArmée pour la campagne d’Alsace, la campagne de France et avec moi, 1605 maquisards signent.

Là vous étiez armée régulière ?

Armée régulière, avec pas mal de difficultés d’ailleurs, parce que c’était… toute nos équipes, toute notre organisation était totalement différente d’une armée régulière. Et moi, on m’évacue parce que je suis FFI et on n’accepte pas, on m’accepte pas comme commandant d’unité et on me demande de rejoindre… et je suis convoqué à Paris où j’entre dans la mission Lebon de rapatriement des G5 avec le colonel Lebon qui était un grand résistant également dont toute la famille avait été martyrisée, sacrifiée par les Allemands.

Épilogue

Ce qu’on ne sait pas c’est que l’importance du combat clandestin n’est pas reconnue. Elle a été reconnue par un homme, c’est William Casey qui était le chef de la CIA qui a dit que « le rôle de la Résistance dans le Débarquement en Normandie et dans le Débarquement de Provence a été énorme », ne serait-ce que pour la Provence, j’ai rencontré le général Zeller qui est parti en sous-marin pour Alger et, on lui a montré les plans, c’est lui qui m’a raconté et les plans du Débarquement consistaient à attaquer Marseille et à remonter le long du Rhône et Zeller leur a dit « ne faites surtout pas ça, débarquez par Marseille mais entre Marseille et la frontière italienne, remontez par la route des Alpes, la route Napoléon ». Effectivement tous les maquis ont ouvert les portes de telle sorte que le gain sur le planning a été de plus de 30 jours. C’est incroyable… 30 jours d’une armée, vous vous rendez-compte !