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Ne les oublions pas

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SAINT-MACARY Pierre




Date de naissance :

00-00-1921

Date de disparition :

18-07-2006

Son action dans la résistance :

Le général Pierre Saint-Macary est décédé le 18 juillet 2006 à Brest.

Il avait participé à la création de la Fondation de la Résistance et avait longtemps présidé l’Amicale des déportés de Mauthausen dont il était devenu le président d’honneur. Il animait également les travaux du Conseil scientifique historique et pédagogique de la Fondation pour

la Mémoire de la Déportation.

En 1942, à 21 ans, Pierre Saint-Macary intègre l’École militaire de Saint Cyr. Après avoir participé à une action de Résistance de l’Armée,

il est arrêté par la police allemande à Marseille en septembre 1943.

Transféré au camp de Royallieu à Compiègne, il est déporté le 6 avril 1944 vers l’Allemagne. Il arrive au camp de Mauthausen le 8 avril.

Portant le matricule 63125, Pierre Saint-Macary est envoyé successivement dans les kommandos de Melk et d’Ebensee où il est libéré par

l’armée américaine le 6 mai 1945. Pierre Saint-Macary a rapporté ses souvenirs de déporté dans le livre "Mauthausen : percer l’oubli" publié

aux éditions l’Harmattan en 2004.

Rentré en France, Pierre Saint-Macary reprend sa carrière militaire. Il est envoyé en Indochine de 1945 à 1949. Il fréquente l’École d’état-major en métropole au début des années 1950, puis est affecté en AEF.

Il entre à l’École de guerre en 1958, puis reçoit différents postes de commandement outre-mer avant d’être nommé général de brigade en

1976 et de prendre sa retraite.

De 1984 à 1987, Pierre Saint-Macary se voit confier la direction du Musée de l’Armée.

Il portait les insignes de commandeur de la Légion d’honneur et de Grand officier de l’Ordre national du Mérite.

Le général Pierre Saint-Macary a beaucoup oeuvré pour transmettre aux historiens les témoignages et les pièces d’archives que l’association

des déportés de Mauthausen avait pu réunir ; ce qu’il nommait « le matériaux de l’histoire ». Il est intéressant de souligner cette action

en prenant trois exemples des domaines où Pierre Saint-Macary s’est particulièrement impliqué.

Le Concours national de la Résistance et de la Déportation. Ce concours a été officialisé par l’Éducation nationale en 1961.

Au sein du réseau du Souvenir, alors présidé par le père Michel Riquet, déporté à Mauthausen, Pierre Saint-Macary est intervenu avec la CNCVR pour obtenir cette consécration.

Lorsqu’en 1997, un arrêté ministériel a modifié la composition du jury national du concours, le

général Saint-Macary a été désigné par le ministre de l’Éducation nationale parmi les 4 personnalités appelées à siéger dans le jury. Son intérêt pour le concours ne s’est jamais démenti lui qui quelques jours avant sa disparition corrigeait encore des copies de la

dernière session.

L’organisation de voyages d’étude de professeurs d’histoire et de géographie sur le site du camp de Mauthausen. L’examen attentif de participations de collégiens et de lycéens au concours scolaire montrait que les candidats se manifestaient là où les enseignants étaient motivés.

Vers la fin des années 80, le bureau de l’Amicale des déportés de Mauthausen, présidé par Pierre Saint-Macary, adressait au ministre de l’Éducation nationale une lettre, en vue d’obtenir son appui, pour mettre en place une nouvelle forme d’action « en liaison avec les professeurs d’histoire et de géographie qui

sont tout au long de leur carrière les garants de la mémoire nationale ». Ainsi naquirent les voyages d’une journée sur le site du camp de Mauthausen rendus possibles par une liaison aérienne Paris-Linz.

À l’issue du premier voyage réalisé le 10 octobre 1990, Jean Peyrot, alors président de l’APHG, s’est tourné vers Pierre Saint-Macary et

lui a dit : «Vous nous avez donné une leçon de pédagogie ».

Avec la participation de l’APHG 10 visites de ce type ont été organisées entre 1990 et 2000 avec une moyenne de 120 personnes à chaque fois.

La rédaction d’une thèse d’histoiresur le camp de Mauthausen Pierre Saint-Macary fut l’un des premiers à prendre conscience de l’importance

qu’aurait une étude d’historien sur le camp qui réunissait toutes les caractéristiques de l’entreprise homicide du système national-socialiste

: existence d’une chambre à gaz à l’intérieur du camp central, circulation de camion à gaz entre différents points du complexe concentrationnaire,

utilisation du centre d’euthanasie de Hartheim pour éliminer les invalides, centre où furent formés des bourreaux pour Auschwitz et Birkenau.

Grâce aux contacts que Pierre Saint-Macary avait noués à la fin de sa carrière militaire avec la Fondation des sciences politique, le bureau

de l’Amicale de Mauthausen a pu obtenir la direction du professeur Jacques Bariety pour le lancement de l’étude historique qui fut confiée

à Michel Fabréguet, normalien et germaniste.

La soutenance de la thèse a eu lieu en Sorbonne le 14 janvier 1995 et a fait l’objet d’une publication aux éditions Honoré Champion.

L’incidence de cette recherche sur l’historiographie en langue française relative à la déportation fut déterminante. Michel Fabréguet a été le rapporteur de la thèse soutenue à Strasbourg en décembre 2003 par Robert Steegmann sur le Struthof.




Auteur de la fiche :

Jean Gavard

Commentaire de l'auteur

Source : La Lettre de la Foindation de la Résistance de septembre 2006

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