Ne les oublions pas
INCHAUSPÉ Lucien François Justin
Pseudonyme(s) utilisé(s) :
Justin
Mouvement :
C.N.D. Castille
Date de naissance :
02-01-1924
Date de disparition :
00-00-0000
Son action dans la résistance :
02/01/1924 : Naissance à 93500 PANTIN
De Père d'origine basque, Ingénieur Inventeur Constructeur de moteurs industriels. Inventeur du
système breveté de distribution des moteurs à combustion interne "Cycle DIESEL-INCHAUSPE
De Mère d'origine vosgienne, sans profession
1936 - Entrée École préparatoire aux Arts et Métiers à CHALONS SUR MARNE
1938 - Elève pilote dans le cadre de 1' "Aviation Populaire " 1er lâché en solo sur le terrain d'aviation de MEAUX-ESBLY
1939 - Abandon des études pour raisons financières dues à la guerre.
Septembre 1939/ juin 1940 divers emplois.
Chargé par le Capitaine TREILLARD, commandant de l'Escadrille de Chasse de Nuit1/13, stationnée sur la base aérienne de MEAUX- ESBLY de détecter les personnes qui communiquaient aux allemands des renseignements sur l'activité des escadrilles (5°colonne). Mission accomplie avec succès.
Juin 1940 - Évacuation : requis par le maire de la commune d'ESBLY pour conduire un camion de 10 tonnes emportant les archives communales et les quelques personnes âgées qui n'avaient pas pu être évacuées en même temps que les autres habitants.
Août 1940 - Retour dans les mêmes conditions
Septembre 1940 à octobre 1941: Habitant NANTES sollicité par une relation, Serge LE BERRE : recherche de renseignements sur l'armée allemande que je recueillais sans buts fixés, mais aussi auprès de musiciens dont mon professeur de musique, Jo Rossi. Avec Serge nous prenions nos repas dans un restaurant qui se situait près de la Place Graslin " La Petite Gargotte ". Un facteur d'orgue partageaient aussi ces repas, ce dernier nous racontait avec facilités ce qu'il voyait du haut des clochers des églises où il intervenait. Il me restait à vérifier pour que LE BERRE puisse transmettre. Après la guerre je n'ai jamais pu retrouver celui-ci.
Octobre 1941 - Après les événements locaux (Otages nantais fusillés) et averti par mon correspondant que notre sécurité devenait précaire, prise de contact avec le bureau local de l'Armée de l'Air qui m'expédie immédiatement en zone libre à la Base Aérienne de TOULOUSE-FRANCAZALS.
En avril 1943 : Entrée dans le réseau de renseignements " CONFRERIE NOTRE DAME CASTILLE ". Mon pseudo : - JUSTIN -
Contact avec le Centre Administratif de l'Air 2eme Région Aérienne. Après un entretien avec le Cdt PACOT, commandant ce centre, je suis enrôlé comme planton chargé d'accueillir les officiers et sous-officiers en congé d'armistice en visite à ces bureaux et de recueillir auprès d'eux le maximum de renseignements dont il fallait ensuite vérifier la véracité sur le terrain. Ces renseignements étaient transmis à André PERROT, chef d'un des services du C.A.A., et Agent du Réseau CND CASTILLE. Après quelques mois de cette mise en observation, mon appartenance au réseau « CONFRERIE NOTRE DAME " CASTILLE " était acquise.
Munis de faux papiers établis par le C.A.A., spécialiste en la matière, faisant état de " mon jeune âge(j'ai eu 16 ans pendant un an et demi, alors qu'en réalité j'en avais 19) ", je circulais assez facilement, et puis, j'étais "un bon emprunteur de vélos ", moyen idéal de déplacement et d'approche de l'objectif.
Les missions d'un Agent de Renseignements sont particulièrement difficiles à remplir en raison de son isolement, de la nécessité d'une approche permanente de l'ennemi.
A partir de ce moment et en raison de mes connaissances (suffisantes) de la langue allemande (3 années scolaires) et des matériels aéronautiques, je fus chargé de missions extérieures de recherches de renseignements sur :
- La Luftwaffe et la Flack: unités, matériels, activité ;
- Les résultats de bombardements ;
- Le trafic SNCF de la banlieue Est de Paris : plus particulièrement surveillance de deux triages, Noisy-le-Sec et Vaires s/Marne. Je pouvais m'appuyer sur mes facilités d'approche des installations ferroviaires et des cheminots grâce à la popularité d'un oncle directeur d'un service important du réseau « Est ».
Deux missions qui m'ont particulièrement frappé :
Le triage de Vaires, situé entre les gares de Chelles et de Vaires, subi en mars 1944 un sévère bombardement alors que je me trouvais en observation en gare de Chelles à moins d'un kilomètre de l'objectif, ce qui me permis de me rendre immédiatement sur les lieux et de transmettre très rapidement les résultats obtenus : un train de poudre aiguillé par les cheminots au milieu de six trains de troupes et de blindés a été atteint par les premières bombes. L'ensemble de ces convois a été détruit, il n'y eu pratiquement pas de survivants.
Le lendemain je me joignais discrètement aux requis pour déblayer ce qui me permis pendant plusieurs jours de rapporter des renseignements précieux.
Par ce même moyen d'approche j'ai rempli plusieurs missions sur le bombardement en avril 1944 du triage de NOISY-LE-SEC par des bombes à retardement qui ont rendu ce noeud ferroviaire et les ateliers qui s'y trouvaient, bloqués pendant de longs jours. Ce genre de missions se répéta à plusieurs reprises.
Ces services effectués d'avril 1943 à octobre 1944 ont été reconnus officiellement à la fin de la guerre comme services militaires actifs au sein des FORCES FRANCAISES COMBATTANTES par Le commandement du Réseau "CND Castille" : Colonel REMY, puis le Colonel VERRIERES alias Capitaine LECOMTE (Attestation du Bureau liquidateur du 30/01/1947)
Le MINISTERE DES ARMEES.(Attestation n° 92973 délivrée le 03/02/1954 par le 6°Bureau du Secrétariat d'Etat aux Forces Armées)
Auteur de la fiche :
Lucien Inschauspé
Commentaire de l'auteur
Mis sur le site par Marc Fineltin à la suite d'un courrier envoyé par l'auteur en janvier 2009