Programme des cérémonies, conférences et expositions.
Ils sont organisées en coopération entre le Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin et l’Association Mémoire et Espoirs de la Résistance, un jeudi par mois à 12h30. " midis " au cours de laquelle un auteur présente et dédicace l’un de ses ouvrages récents.
Le " midi de l’histoire " débute à 12h30 heures, dure 1 heure 30, avec un échange avec l’auteur.
- Parallèlement à ces soirées un samedi par mois en matinée, Christine Levisse-Touzé, directrice du Mémorial Musée organise une conférence " Point de vue du Conservateur " qui commence à 10 heures et qui dure 2 heures.
Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris / Musée Jean Moulin
23 allée de la 2e DB
Jardin Atlantique
75015 Paris
Tel : 01.40.64.39.44
fax : 01.43.21.28.30
Compte-rendu des journées organisées du 26 au 28 mars par Robert Badinier Délégué M.E.R du Tarn et Garonne
Sur un projet de mémoire conçu par Robert Badinier, délégué départemental de Mémoire et Espoirs de la Résistance et mis en oeuvre avec la délégation diocésaine à la Pastorale de la Culture et le centre de la Molle, un hommage a été rendu, au cours des journées du 26 au 28 mars 2007 à deux communautés chrétiennes montalbanaises, celle des religieuses de La Molle et celle des Jésuites de La Bastiolle, qui ont accueilli sous l’occupation des personnes persécutées. Ce travail de mémoire a été réalisé avec le soutien de la mairie de Montauban et de la Fondation de la Résistance. Les temps forts ont été : Le 26 mars au centre de La Molle, avec une conférence sur le thème Chrétiens en Résistance, donnée par l’abbé René Gineste, délégué diocésain à la Pastorale de la Culture, qui évoqua la mémoire de l’abbé Jean Desgranges, ecclésiastique parlementaire député du Morbihan, qui fut caché à La Molle par Mgr Théas, évêque de Montauban. Il était poursuivi par la Gestapo pour avoir osé dire du haut de la Chambre des députés qu’Hitler était un gangster. Puis il retraça le parcours d’un autre résistant, le père Gustave Peyralade qui fut, de 1941 à 1947, directeur de la maison des Jésuites de La Bastiolle. Cette communauté abrita des Juifs, des communistes, des Anglais parachutés, de jeunes réfractaires au Service du Travail Obligatoire. Plusieurs résistants y ont séjourné dont Mgr Saliège, Mgr Bruno de Solages, Michel Debré, Léo Hamon, Jean Cassou, ainsi que le préfet de Moselle Charles Bourrat. Le jour suivant, le 27 mars, l’innovation pédagogique était au rendez-vous, au cebtre de la Molle dirigé par Marie-Françoise de SaintRapt, par une mise en scène émouvante : une banderole portait le titre du premier numéro du journal clandestin Témoignage Chrétien : " France, prends garde de perdre ton âme ", et une chorégraphie d’une quarantaine d’élèves du collège Notre-Dame, rappelait que ce journal diffusé clandestinement dès novembre 1941 participa à la Résistance spirituelle au nazisme dans la zone non occupée. A l’instar de ses camarades, Romain Demeslay arborait fièrement le drapeau français. Il conduisait le groupe de collégiens qui entra sur le site commémoratif avec les porte-drapeaux anciens combattants. Romain Demeslay est le descendant du Colonel Rémy fondateur du réseau de renseignement La confrérie Notre-Dame. Pendant le dévoilement de la maximun du Talmud " qui sauve un homme suave me monde entier " le dépôt de lumignons tricolores sur une Croix de Lorraine et une Etoile de David, tracés au sol symbolisait les lueurs d’espoir des années sombres de l’Occupation. Au moment où retentit le Chant des partisans l’Abbé Bernard de Saint-Julien fit la lecture de la lettre pastorale rédigée par Mgr Théas sur le respect de la personnes humaine. Mgr Théas avait lu avec la même ferveur cette mettre le 30 août 1942, à l’église de Villebourban, lors de l’office dominical devant ses paroissiens. L’évêque de Montauban appelait à un sursaut de la conscience chrétienne : " .... des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau et envoyés vers une destination inconnue avec la perspective des plus grands dangers. Je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères (...) que tous les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des Etats .... ". La cérémonie prit fin avec le dévoilement de la plaque commémorative, par Monique Valat, 1ère adjointe au maire et Victor Convert, directeur général de la Fondation de la Résistance, et ancien préfet de Tarn-et-Garonne. Le lendemain, le Préfet Victor Convert, au cours de la conférence, qu’il donna au centre universitaire de Montauban parla des missions dévolues à la Fondation de la Résistance : garantir la pérennité de la mémoire en favorisant le travail de l’histoire, la rénovation des outils de sauvegarde de la mémoire et la transmission des valeurs de la Résistance, il concluait par ces mots : " L’acte de résister ne se limite pas à une période de l’histoire, c’est une disposition d’esprit ". Pour Robert Badinier, le travail de mémoire " est ancré dans une logique éducative qui lui donne tout son sens.... C’est une incitation à aller toujours plus avant dans le dialogue des cultures et la pratique du lien social pour construire une société plus humaine, c’est-à-dire plus juste, plus libre et plus fraternelle... C’est une exigence permanente qui renvoie à la capacité de chacun à s’humaniser en se libérant de la gangue de l’individualisme et du carcan de l’incommunication.....où ne peut avoir prise durablement sur le risque d’une histoire sanglante que si la mémoire n’est pas elle-même exsangue, c’est à dire dépourvue de toute finalité éducative. C’est l’enjeu du combat pour la mémoire d’avenir où l’autre est une occasion privilégiée d’exercer le respect dû à la personne humaine, la valeur centrale de l’existence. " ". L’inauguration du giratoire Pierre Bert, jeune jociste, qui n’avait pas vingt ans, résistant et déporté, mort en 1944 au camp de Buchenwald était le temps fort de ce projet de mémoire.,
Jean Novosseloff à partir de l’article paru dans Le Courrier français du 20 avril 2007