Programme des cérémonies, conférences et expositions.
Elles sont organisées en coopération entre le Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin et l’Association Mémoire et Espoirs de la Résistance, un jeudi par mois. « Soirée » au cours de laquelle un historien présente et dédicace l’un de ses ouvrages récents. La « Soirée Auteur » débute à 17 heures, dure 1 heure 30, avec un échange avec l’auteur.
Parallèlement à ces soirées un samedi par mois en matinée, Christine Levisse-Touzé, directrice du Mémorial Musée organise une conférence « Point de vue du Conservateur » qui commence à 10 heures et qui dure 2 heures.
Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris / Musée Jean Moulin
23 allée de la 2e DB
Jardin Atlantique
75015 Paris
Tel : 01.40.64.39.44
fax : 01.43.21.28.30
Jeudi 15 avril :
Salons de la Fondation de la Résistance 30, boulevard des Invalides – 75007 Paris (métro :St François-Xavier ,ligne 13,ou bus : 92 ou 82) à16 h 45
rencontre avec « The Royal British Legion »
autour de Mme Michèle Cointet
Professeur Émérite des Universités et spécialiste de la 2ème Seconde guerre mondiale qui évoquera les relations entre le Général de Gaulle et Sir Winston Churchill.
Compte-rendu de la conférence du jeudi 15 avril de Madame Michèle Cointet sur les rapports entre Winston Churchill et Charles de Gaulle
Quelles furent les « relations de guerre » entre Winston Churchill et Charles de Gaulle entre juin 1940 et août 1943 date à laquelle le Comité français de Libération nationale (CFLN) est reconnu par les Alliés ? C’est la question à laquelle devait répondre Michèle Cointet, au cours de la conférence qu’elle a donnée dans les salons de la Fondation de la Résistance jeudi 15 avril 2010.
Si Winston Churchill et Charles de Gaulle furent unis dans le refus de la défaite et la défense de la liberté du monde et de ses valeurs morales leurs relations seront souvent conflictuelles. Il s’agissait de deux personnalités hors du commun, qui portaient chacun sur leurs épaules le destin de leur pays. Relations déséquilibrées et conflictuelles entre un homme « … seul et démuni tout… » jaloux de son indépendance et nourrissant quelques défiances à l’égard de la Grande-Bretagne et un homme certes francophile mais comptable d’un immense empire, pris dans la tourmente d’un conflit mondiale et dont le regard au fil des années de guerre se tournera plus vers son allié d’outre Atlantique.
Si en juin 1940 l’entente est amicale entre le Général qui de Londres venait de lancer son « Appel » à poursuivre le combat et le Premier Ministre Britannique qui galvanisait ses compatriotes en déclarant à la Chambre des Communes : « Nous irons jusqu’au bout. », très vite, après cette première « lune de miel » des froissements entre les deux hommes ne tarderont pas à apparaître. L’échec de Dakar (fin septembre 1940), la faiblesse des ralliements au général Gaulle, et les discrètes relations entretenues par les Anglais avec Vichy entretiendront ces premières discordes, heureusement tempérées par leur entourage et en particulier par le francophile chef du foreign office Anthony Eden. Le comportement des autorités civiles et militaires anglaises en Syrie et au Liban vis-à-vis de Vichy, puis les suites du déclenchement de l’opération franco-britannique en juin 1941 en Syrie et enfin, le débarquement des Anglais à Madagascar en mai 1942 aggraveront singulièrement les rapports entre les deux hommes.
Le débarquement des Alliés en Afrique du Nord dont le général ne sera averti que quelques jours avant, ainsi que le « mariage forcé » avec Giraud que Roosevelt et Churchill veulent imposer au Général rendront les tête-à-tête de Gaulle – Churchill tumultueux. Aux périodes de crises et de tensions entre juin 1940 et août 1943 se succèderont des rencontres où l’entente entre ces deux personnalités d’une grande intelligence et au caractère bien « trempé » fut constructive et empreinte de sérénité et parfois d’humour.
Tout en long de son exposé imagé et vivant Michèle Cointet a su faire revivre, souvent au mot à mot, les dialogues entre les deux hommes et l’atmosphère des Chequers où se déroulaient leurs entretiens. Churchill s’était un jour exclamé : « De Gaulle ? Ah ! C’est l’Homme de la France », tandis que De Gaulle écrivait le 24 janvier 1965 à l’occasion des obsèques de Winston Churchill : « Dans ce grand drame, il fut le plus grand ».
Jean Novosseloff.