Pierre Sudreau, grand résistant et ancien ministre du général de Gaulle, est mort dimanche après-midi, 22 janvier 2012, d’une crise cardiaque, à l’hôpital des Invalides. Âgé de 92 ans, il était le dernier survivant du gouvernement formé par De Gaulle en juin 1958.
Chef d’un réseau de la Résistance dès 1941, il avait été déporté à Buchenwald. Repéré par le général de Gaulle à la Libération, en raison de son très jeune âge, il fut successivement préfet du Loir-et-Cher, membre du cabinet d’Edgar Faure à la présidence du Conseil, commissaire à la construction et à l’urbanisme de la région parisienne puis ministre de la Construction dans les gouvernements de Michel Debré et Georges Pompidou de 1958 à 1962, et quelque mois ministre de l’Éducation. En désaccord avec la réforme constitutionnelle instaurant l’élection du président de la République au suffrage universel, il démissionna du gouvernement en octobre 1962.
Commença ensuite pour Pierre Sudreau une vie d’élu bien remplie : député centriste du Loir-et-Cher (1967-1981), maire de Blois (1971-1989), président de la région Centre. Il fut aussi chargé en 1975 par Valéry Giscard d’Estaing d’un rapport sur la réforme de l’entreprise qui ouvrit la voix aux « Lois Auroux » de la gauche.
Toute la dernière partie de la vie de sa vie fut consacrée, notamment à la présidence de la Fondation de la Résistance, à transmettre aux plus jeunes générations les valeurs de la résistance. Le 16 décembre dernier, lors de la remise aux lycéens des prix du concours national de la Résistance, à l’Elysée, auquel il n’avait pu assister pour raisons de santé, le Président de la République avait alors rendu hommage à Pierre Sudreau.