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Programme des cérémonies, conférences et expositions.

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Soirées Auteur

Elles sont organisées en coopération entre le Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin et l’Association Mémoire et Espoirs de la Résistance, un jeudi par mois. « Soirée » au cours de laquelle un historien présente et dédicace l’un de ses ouvrages récents. La « Soirée Auteur » débute à 17 heures, dure 1 heure 30, avec un échange avec l’auteur.

Parallèlement à ces soirées un samedi par mois en matinée, Christine Levisse-Touzé, directrice du Mémorial Musée organise une conférence « Point de vue du Conservateur » qui commence à 10 heures et qui dure 2 heures.

Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris / Musée Jean Moulin
23 allée de la 2e DB
Jardin Atlantique
75015 Paris
Tel : 01.40.64.39.44
fax : 01.43.21.28.30

Manifestations

Hommage aux Jeunes morts dans la Résistance

Mardi 5 mai 2009 à 17 heures :

Les Drapeaux, le monument de Wadkin

Dans les Jardins du Luxembourg, devant le très beau bronze de Watkin érigé à la mémoire des étudiants résistants et fusillés, M.E.R. avait invité pour ce traditionnel hommage mardi 5 mai les élèves et les professeurs des Collèges Pierre Alviset, Buffon et Voltaire. La cérémonie était présidée par Philippe Nachbar, Secrétaire du Sénat, représentant le Président du Sénat, assisté de Madame Carriglio représentante du Recteur de l’Académie de Paris, du Préfet Victor Convert Directeur général de la Fondation de la Résistance et de diverses personnalités de la mairie de Paris. Dans son allocution de bienvenue François Archambault, Président de MER a rappelé combien ces jours-ci le monde Résistant avait été endeuillé avec la disparition de plusieurs grandes figures dont Madame Pery d’Alincourt, Maurice Druon et Serge Ravanel, dont les obsèques s’étaient déroulées quelques heures auparavant. Cette année c’est André Bessière, Résistant, Déporté, écrivain et Président de l’Amicale des Déportés tatoués du 27 avril 1944 qui prononçait l’hommage aux étudiants et lycéens morts dans la Résistance. Merci pour ce bel hommage

J. Novosseloff

André Bessière

A la Mémoire des étudiants et lycéens morts dans la Résistance

La jeunesse française a été certainement le niveau de population le plus moralement ébranlé durant la dramatique période de l’occupation allemande. Proie de sollicitations contradictoires, souvent victime de l’absence d’un des siens, on comptait 1 800 000 prisonniers de guerre en Allemagne, elle s’enlisait dans des difficultés de tous ordres inhérentes à un pays vaincu, aux ¾ occupé, que corsetait, inféodé aux Allemands, un régime policier d’une redoutable efficacité. Un jeune ne pouvait songer entrer en Résistance qu’imprégné de critères familiaux, patriotiques politiques ou raciaux, ou de sa propre initiative selon un patriotisme profondément ancré en lui depuis l’enfance. Il était d’autant plus dissuadé de s’engager dans la Résistance que la répression nazie s’inscrivait dans une implacable logique de barbarie. Dès l’automne 1941 les prisons se remplissaient et retentissaient du gémissement des suppliciés quand ce n’était du râle des mourants ou du claquement des salves d’exécution.

Pour leur mémoire, et le courage dont ils firent preuve dans leurs derniers instants, saluons au passage ces martyrs fusillés comme otages politiques, tels… - René Laforge, normalien de 20 ans, tombé à Dijon en regardant la mort en face, sans avoir peur.
- Christian Rizzo et Pierre Vallet, du lycée Voltaire âgés de 19 ans, qui finissent crânement au Mont Valérien.
- Guy Moquet qui, quelques heures avant l’instant final à la carrière de Châteaubriant, avait eu ces mots poignants : 17 ans ½ ! Que ma vie a été courte !

Au sein d’une immense majorité ignorant ou feignant d’ignorer le combat dans l’ombre pour la liberté, quelques milliers d’étudiants et de lycéens s’exposeront dans la Résistance active, au péril de leur vie.

Les cinq du Lycée Buffon à Paris, avaient été des premiers dans la Résistance Universitaire. Ils n’ont pas encore 18 ans lorsqu’ils sont fusillés le 8 février 1943 au champ de tir d’Issy-les-Moulineaux. Les adieux à leurs parents sont bouleversants : Pierre Grelot veut qu’ils gardent toujours dans leur cœur son souvenir, Jacques Baudry aurait voulu vivre encore pour les aimer beaucoup, Pierre Benoit tente de les rassurer, nous partirons en chantant, Lucien Legros meurt pour la France, donc il ne regrette rien, quant à Jean Artus il veut que son frère sache qu’il meurt en Français, pour sa patrie.

Sous l’impulsion de Philippe Viannay, un groupe d’étudiants avait créé un Mouvement de Résistance autour du journal Défense de la France. L’aventure tourne court à Paris le 20 juillet 1943 pour une cinquantaine d’entre eux, dont Geneviève de Gaulle, la nièce du Général. Ce soir là Pierre Marx, étudiant de 20 ans, flairant le piège, s’était sauvé en tirant sur les policiers qui l’avaient abattu en pleine rue.

Henry Fertet, résistant du Lycée de Besançon, fusillé avec 16 de ses camarades le 26 septembre 1943 à l’âge de 16 ans, avait refusé d’être attaché et d’avoir un bandeau sur les yeux ; peu avant l’issue fatale il avouait : c’est dur quand même de mourir…

Ainsi périront nombre d’étudiants et de lycéens qui avaient choisi la voie périlleuse de l’insécurité dans l’honneur, tel mon condisciple de Louis le Grand, Pierre Alviset, responsable au Lycée, depuis 1941 de la Jeunesse Etudiante Chrétienne, depuis 1943 de Défense de la France. Le lendemain du débarquement, Philippe Viannay décide d’implanter un maquis au nord de Paris en prévision du jour ou les Allemands battront en retraite. Volontaire, Pierre Alviset se voit aussitôt confier la création d’un dépôt de médicaments, avant de prendre, un mois plus tard la responsabilité d’un stock d’armes et des renseignements sur les troupes allemandes postées dans sa zone avec participation aux éventuelles actions d’entrave à leurs déplacements. Le 20 juillet 1944, à son poste en forêt de Carnelle, il précise dans son journal de bord : une seule chose compte : le combat ! Si je suis tué je veux que l’on sache qu’il ne s’agit pas d’un risque accepté à la légère. Je fais délibérément le sacrifice de ma vie pour la France Le 15 aout, gravement blessé et odieusement frappé lors de sa capture à Domont, au lieu dit « Les Quatre Chênes », Pierre Alviset s’écroule sous les balles d’un peloton de SS…sans avoir parlé… en héros.

Ce même jour, 35 lycéens des Forces Unies de la Jeunesse Patriotique, se rassemblent porte Maillot afin de participer aux combats pour la libération de la capitale. Le capitaine anglais qui les prend en charge est un traître qui les conduit directement au siège de la Gestapo. Pressés d’évacuer Paris les gestapistes se hâtent d’aller les assassiner froidement, l’un après l’autre, dans l’allée qui borde la cascade du Bois de Boulogne.

Les fusillades se multiplient en ce mois d’aout. Entre des centaines d’autres, celles de Claude Jean-Romain, de Henri Videau, de Paul Wolpert, tous trois du lycée Rollin aujourd’hui Jacques Decour. Le lycée Voltaire n’est pas en reste qui garde en mémoire le jeune Roland Gordon. Pris dans le maquis et fusillé le 15 aout à Chambéry à l’âge de 15 ans, il est, à ma connaissance, le plus jeune fusillé pour acte de résistance. Le lycée Voltaire n’oublie pas non plus le fondateur et diffuseur du journal clandestin Pantagruel, Raymond Deiss, jugé et décapité à Cologne toujours en ce tragique mois d’aout 1944.

La plupart de ceux qui avaient échappé à ce sort se retrouvaient dans les camps de la mort lente où les jeunes n’étaient pas épargnés. Dans le Convoi des 1 700 résistants déportés de Compiègne vers Auschwitz le 27 avril 1944, 170 sont étudiants ou lycéens. 99 d’entre eux vont aller rejoindre le pathétique cortège des morts pour la France, oubliés de l’Histoire, parmi eux mes trois camarades :
- Auguste Zenzen, étudiant à Lyon. Il s’était juré de s’évader, avait tenu sa promesse mais avait été repris. Frappé à mort pendu par les bras menottés dans le dos toute une nuit, au petit matin il avait été jeté sur la place d’appel où tous les détenus avaient du défiler tête droite devant son corps agonisant.
- Jean Rongieron, du lycée Condorcet, transféré dans un meurtrier kommando d’où personne ne revenait ; il ne pouvait en revenir.
- Charles Gélinet mon condisciple du lycée Rollin. Lui, avait fait le serment de devenir missionnaire s’il survivait à sa déportation. Il est bien rentré mais pour mourir dans les bras de sa mère.

Il me faut arrêter là et conclure… la liste serait si longue si l’on allait au bout !

En avril 2007, à la cascade du Bois de Boulogne, lieu aujourd’hui hautement symbolique, le Président de la République, à rappelé devant 200 lauréats du Concours de la Résistance et de la Déportation : « Souvenez-vous, enfants de France, que des hommes admirables ont conquis par leur sacrifice, la liberté dont vous jouissez. »

Ainsi sera ma conclusion.

André Bessière
Résistant : Libération-Nord
Déporté : Convoi du 27 avril 1944

Luxembourg les jeunes


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