Programme des cérémonies, conférences et expositions.
Ils sont organisées en coopération entre le Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin et l’Association Mémoire et Espoirs de la Résistance, un jeudi par mois à 12h30. " midis " au cours de laquelle un auteur présente et dédicace l’un de ses ouvrages récents.
Le " midi de l’histoire " débute à 12h30 heures, dure 1 heure 30, avec un échange avec l’auteur.
- Parallèlement à ces soirées un samedi par mois en matinée, Christine Levisse-Touzé, directrice du Mémorial Musée organise une conférence " Point de vue du Conservateur " qui commence à 10 heures et qui dure 2 heures.
Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris / Musée Jean Moulin
23 allée de la 2e DB
Jardin Atlantique
75015 Paris
Tel : 01.40.64.39.44
fax : 01.43.21.28.30
Vendredi 9 décembre 2011 :
A l’initiative du délégué régional de M.E.R. Midi-Pyrénées, Robert Badinier – avec l’aide du délégué régional Alsace – Lorraine Roger Lefort – et avec l’appuis de la mairie de Montauban, de la préfecture du Tarn et Garonne, et des services départementaux de l’O.N.A.C. inauguration à la Préfecture du Tarn et Garonne de l’Espace – Mémoire Charles Bourrat. (Charles Bourrat fut de 1940 à 1944 Préfet de Moselle replié à Montauban).
Compte rendu de la manifestation tenue à Montauban en hommage à Charles Bourrat :
L’ALSACE-LORRAINE A L’HONNEUR
L’espace mémoire Charles Bourrat a été inauguré le 9 décembre dernier par Fabien Sudry, préfet de Tarn-et-Garonne, et Monique Valat, déléguée aux anciens combattants représentant Brigitte Barèges, député-maire de Montauban, en présence de nombreuses personnalités. C’était la 1ère phase du projet d’hommage à ce préfet résistant, présenté par Robert Badinier, délégué Midi-Pyrénées de Mémoire et Espoirs de la Résistance, à l’initiative de ce travail de mémoire et en coopération avec Roger Lefort délégué de MER pour l’Alsace et la Lorraine, comprenait également une exposition et une conférence. Il a été mis en œuvre en partenariat avec la préfecture de Tarn-et-Garonne, la mairie de Montauban et le service départemental de l’O.N.A.C.
Il s’agissait d’une part de valoriser le patrimoine historique unique, commun à Montauban et à Metz, à la Moselle et au Tarn-et-Garonne, non seulement la mission humaniste remplie par Charles Bourrat, son engagement en faveur des expulsés répartis dans la zone sud, mais aussi l’attachement des Lorrains et des Alsaciens aux idéaux républicains. L’arrêté du 7 juin 1973 a conféré à tous les évacués, repliés, expulsés, évadés de Moselle et d’Alsace, le titre de Patriote Réfractaire à l’annexion de fait.
Alice Gerling, expulsée de Sanry-sur-Nied, fut accueillie dans le Lot-et-Garonne où son père était délégué des réfugiés lorrains, et s’établit à Montauban. Elle avait 7 ans, le 15 août 1940, lorsqu’avec ses parents elle prit part à l’imposante manifestation interdite par les autorités d’occupation qui eut lieu à Metz, sous l’égide de Charles Bourrat et de Mgr Joseph Heintz, sur la place St-Jacques, où depuis la veille de nombreux Messins n’avaient pas cessé de déposer des fleurs bleues, blanches et rouges autour de la statue de la Vierge : la ville ne voulait pas se rendre, elle rendait les honneurs à la France.
Le 9 décembre, à Montauban, des bouquets de fleurs aux couleurs nationales accrochés aux rambardes ornaient les trottoirs de chaque côté de l’immeuble du 4, faubourg Lacapelle où siégeait la préfecture de la Moselle en exil, en souvenir de ce grand rassemblement. C’est cette atmosphère de résistance spirituelle que 143 jeunes montalbanais en tenue tricolore ont permis de recréer en participant à une mise en scène de la croix de Lorraine au cours de laquelle ils ont déclamé avec ferveur les trois valeurs de la devise républicaine. Sur les bonnets phrygiens que les écoliers avaient eux-mêmes confectionnés, étaient inscrits les noms de personnalités ayant oeuvré pour la cause des expulsés et des cantons d’où ces derniers avaient été chassés. Symbole du sentiment français, le port du béret basque par les collégiens et l’interprétation par les choristes du chant Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine accentuaient le caractère patriotique de cet hommage.
Ce jour-là également, devant la préfecture de Tarn-et-Garonne, autour de la fontaine qu’il avait proposé de dédier à Charles Bourrat, Robert Badinier fit la lecture d’extraits du discours prononcé par ce préfet résistant lors de sa réception à l’hôtel de ville de Metz, le 10 décembre 1945, où il rappelait les obstacles auxquels il avait dû faire face pour redonner espoir à ceux qui n’avaient pas renié leur patrie. Au même moment, des collégiens dévoilaient les panneaux où étaient inscrits les noms des 27 principaux départements d’accueil où Charles Bourrat avait donné l’exemple de la solidarité : un temps fort de mémoire qui suscitait l’esprit de résistance à l’inhumain.
L’interprétation de deux couplets de l’hymne européen, l’un en français et l’autre en allemand, faisait écho aux paroles que l’institutrice qui périt dans l’incendie de l’église à Oradour-sur-Glane avait fait noter dans les cahiers d’écoliers : « Il ne faut pas confondre le peuple allemand et la barbarie nazie, l’Allemagne éternelle et ses maîtres d’un jour. » Dans la salle Jean Moulin de la préfecture de Tarn-et-Garonne, l’exposition « De gré ou de force » sur le drame humain des expulsions, mise à disposition par le service départemental des archives de la Moselle, complétée par des panneaux sur le centre européen du déporté et du résistant au camp du Struthof, et la remarquable conférence donnée par l’historien Philippe Wilmouth président d’Ascomémo, en présence du Préfet Victor Convert Directeur général de la Fondation de la Résitance, pour contextualiser l’installation des services de la préfecture de la Moselle à Montauban, de 1941 à 1944, ont contribué à faire resurgir un passé lointain que peu de Tarn-et-Garonnais connaissaient. Le texte de la plaque historique située en face de la préfecture à Montauban le rappellera désormais aux passants.
Robert Badinier
Délégué régional de M.E.R. en Midi-Pyrénées