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Les midis de l’histoire

Ils sont organisées en coopération entre le Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin et l’Association Mémoire et Espoirs de la Résistance, un jeudi par mois à 12h30. " midis " au cours de laquelle un auteur présente et dédicace l’un de ses ouvrages récents.

Le " midi de l’histoire " débute à 12h30 heures, dure 1 heure 30, avec un échange avec l’auteur.

- Parallèlement à ces soirées un samedi par mois en matinée, Christine Levisse-Touzé, directrice du Mémorial Musée organise une conférence " Point de vue du Conservateur " qui commence à 10 heures et qui dure 2 heures.

Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris / Musée Jean Moulin
23 allée de la 2e DB
Jardin Atlantique
75015 Paris
Tel : 01.40.64.39.44
fax : 01.43.21.28.30

Manifestations

Colloque "La Résistance familiale"

Lundi 4 octobre 2010 à 14 heures : Au Mémorial Maréchal Leclerc de Hauteclocque/Musée Jean Moulin et de la Libération de Paris

Compte-rendu " Rencontres autour de la Résistance des familles "

- Au Mémorial Maréchal Leclerc / Musée Jean Moulin, à l’initiative de l’association MER a été organisé, le lundi 4 octobre 2010 une rencontre autour de la " Résistance des Familles ". Christine Levisse-Touze, historienne et directrice du musée, en présentant cet après-midi de témoignages, aux côtés Jacques Vistel Président de la Fondation de la Résistance, a rappelé que très souvent les premiers noyaux de résistants ont été soutenus par leur famille proche ou éloignée.

* A tour de rôle, avec beaucoup de sensibilité, Mesdames Anne Ploux-Vourc’h et Aude Yung de Prévaux puis Messieurs Geoffroy d’Astier de la Vigerie et Yves Maxime Danan ont évoqué la solidarité et les liens familiaux qui jouèrent au sein de leur famille dans la Résistance.

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Anne Ploux-Vourc’h

- Antoine Vourc’h est médecin à Plomodiern (Finistère) et père de neuf enfants - 4 garçons et 5 filles âgés de 5 à 21 ans. La Petite Anna se souvient que le 17 juin 1940 son père : " ...révolté par l’armistice, n’aime pas le Maréchal Pétain qui lui a donné le plus "Noir’ cafard de toute la guerre de 14 par son défaitisme... ". Aujourd’hui encore Anne Vourc’h revoit ses : " ... deux frères Paul et Yves âgés de16 et 15 ans enfouissant sous la terre leurs armes dès juin 1940 ... ". Cette nombreuse famille est l’exemple même d’une Résistance née des liens familiaux, amicaux et professionnels qu’elle sut créer où les hommes ont rejoint Londres et où parents et les filles aidèrent à la création et au soutien des réseaux de Résistance dans le Finistère, avant de rejoindre Alger et de participer à la Libération de la France.

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Aude Young de Prévaux

- Aude Yung de Prévaux apprendra, à la sortie de son adolescence que ses parents furent résistants. Elle a raconté dans un très beau livre " Un amour dans la tempête de l’histoire ", édité aux Ed. Du Félin en 1999, le parcours hors normes de son père : brillant amiral de la flotte du temps de Vichy et de sa mère Lotka Leitner, juive polonaise et modiste. L’amiral de Prévaux muté à Marseille après l’armistice entre dès novembre 1941 en contact avec la Résistance et y entraîne son épouse Lotka. L’amiral devenu " Vox " devient l’un des chefs du réseau de renseignements franco-polonais : F2 et Lotka alias " Kalo " l’un de ses membres les plus actifs. Le piège de la répression va vite se refermer sur ce couple uni par l’amour et la Résistance. " Vox " et " Kalo " sont arrêtés et Aude 9 mois trouvera refuge dans les bras de sa nurse. C’est " ...tous les deux, la tête droite qu’ils affronteront les tortures et leurs bourreaux ".

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Geoffroy d’Astier de la Vigerie

- S’il est un nom qui a marqué la Résistance et son souvenir c’est bien celui de d’Astier de la Vigerie, que portait trois frères : François l’aîné, Henri le cadet et Emmanuel le benjamin, trois hommes aux parcours différents, " réunis " dans l’Ordre de la Libération par le général de Gaulle. Geoffroy d’Astier de la Vigerie petit-fils de François et petit neveu d’Henri et d’Emmanuel a évoqué le parcours de cette famille où suivant les mots d’Emmanuel, ils ont " ...tissé certains fils de l’immense toile dans laquelle la mouche verte devait finir par s’empêtrer. ". Si l’histoire a retenu ces trois prénoms, Geoffroy d’Astier rappelle que son père Jean Anet (fils de François d’Astier) avec sa soeur, a rejoint " La Dernière Colonne ", fondée par son oncle Emmanuel en juillet 1940, puis retrouvé à Londres le général de Gaulle. Son père, son épouse et ses trois soeurs seront décorés au titre de la Résistance. Si le théâtre de Résistance de François d’Astier est à Londres, celui du grand oncle Henri est en Afrique du Nord où il jouera un rôle majeur dans l’élimination de l’amiral Darlan puis dans le groupe de José Aboulker qui prépare le débarquement américain du 8 novembre 42 à Alger. Toute la famille d’Henri participera à la Résistance : le fils, les trois filles et son épouse Louise seront décorés de la Croix de guerre. Geoffroy d’Astier a ensuite évoqué son grand oncle Emmanuel, celui qu’il appelait " Mané ", au travers du livre qu’il vient de lui consacrer : " Emmanuel d’Astier de la Vigerie " - Combattant de la Résistance et de la Liberté -1940-1944, édité au Ed. France ’ Empire. Aux dires de ses contemporains, l’homme était : " ...charmeur, insaisissable, rusé ", " ... et ne ressemblait à personne ", il reste dans la mémoire de la Résistance le créateur de l’un de ses plus grands mouvements : Libération-Sud.

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Maxime Danan

- Yves Maxime Danan, aujourd’hui Professeur Émérite à la Sorbonne est le petit- fils d’Henri Aboulker et le neveu de José Aboulker. La famille Aboulker faisait partie des groupes de résistants qui apportèrent un " concours actif aux Alliés lors du débarquement anglo-américain le 8 novembre 1942 ". C’est en témoin privilégié, vivant au sein de la famille Aboulker, qu’il relate dans un propos imagé la Résistance en Afrique du Nord et plus particulièrement la conjuration qui allait mettre un terme au régime de Vichy à Alger, éliminer l’Amiral Darlan et enfin accueillir les Alliés. Bel après-midi de rencontres où au travers de l’histoire entrecroisée de familles aux itinéraires différents et souvent douloureux " La Famille " a été un refuge. Refuge qui permit aux premiers tenants du " non intransigeant " de ne pas fléchir et de ne pas se résigner ; refuge qui tout au long du combat clandestin accueillait la solitude du Résistant et confortait son choix de se battre pour la Liberté.

J. Novosseloff