Nous avons lu pour vous   |   Bulletins   |   Manifestations   |   DVD

Nos manifestations

Programme des cérémonies, conférences et expositions.

> Prochaines manifestations
> Archives des manifestations

Soirées Auteur

Elles sont organisées en coopération entre le Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin et l’Association Mémoire et Espoirs de la Résistance, un jeudi par mois. « Soirée » au cours de laquelle un historien présente et dédicace l’un de ses ouvrages récents. La « Soirée Auteur » débute à 17 heures, dure 1 heure 30, avec un échange avec l’auteur.

Parallèlement à ces soirées un samedi par mois en matinée, Christine Levisse-Touzé, directrice du Mémorial Musée organise une conférence « Point de vue du Conservateur » qui commence à 10 heures et qui dure 2 heures.

Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris / Musée Jean Moulin
23 allée de la 2e DB
Jardin Atlantique
75015 Paris
Tel : 01.40.64.39.44
fax : 01.43.21.28.30

Manifestations

Cérémonie à la Mémoire des jeunes Résistants

15 mai 2008. Cérémonie dans les jardins du Luxembourg à la Mémoire des jeunes Résistants abattus par les nazis devant le Monument qui rappelle leur sacrifice.

Comme tous les ans, à la même époque, MER a organisé le 15 mai la cérémonie traditionnelle à la Mémoire des Étudiants résistants tués, dans les jardins du Luxembourg, devant le très beau bronze de Watkin. En prologue à cette manifestation et à la mémoire des jeunes étudiants qui furent intégrés au commando du lieutenant de vaisseau Philippe Kieffer, Tristan Cézard, élève de terminale au lycée Voltaire, a exécuté un Lamento à la cornemuse. En effet c’est au cœur des Landes écossaises, près d’Achnacarry petite bourgade au cœur des Highlands, qu’une centaine de jeunes français comme Daniel Coppin, 21 ans, Jean Couturier 19 ans, Gwenn-Aël Bolloré 17 ans, va s’entraîner afin de débarquer à Ouistreham le 6 juin 1944 au son de la cornemuse de lord Lovat. Bien que la présence des autorités sénatoriales, ministérielles et universitaires, marque l’importance de l’évènement, le public était peu nombreux, bon nombre d’adhérents et de Résistants n’ayant pas réussi à braver les embarras de Paris, conséquence d’une grève bloquant la circulation dans la capitale. De même, les jeunes élèves de la chorale du lycée Voltaire et leur professeur, ont rencontré des difficultés à rallier le Luxembourg et sont arrivés après le début de la cérémonie. Ceux du lycée Buffon n’ayant pas rencontré de manifestation étaient à l’heure. C’est ainsi qu’ils ont remplacé au pied levé leurs camarades retardés, interprétant le Chant des Partisans, sans le professeur de musique. Celui-ci et ses élèves arrivant en cours de la cérémonie, le protocole a été adapté pour tenir compte du travail de préparation fourni par les élèves pour cet évènement, en particulier le Chant des Marais en mémoire des Étudiants déportés, et la lecture de deux poèmes : « Couplets de la rue Saint Martin" de Robert Desnos par mademoiselle Louise Haupais et " Bretagne" d’Eugène Guillevic par mademoiselle Brunhild Corfu. Enfin, Félix Frankel du Lycée Buffon lut la lettre de Jacques Baudry à ses parents le 8 février 1943 jour de son exécution. François Perrot a prononcé l’éloge à la mémoire de ces étudiants résistants tués. Après avoir rappelé dans son allocution que beaucoup d’entre eux ont pratiqué tout d’abord une résistance individuelle, il indiqua que bon nombre d’entre eux furent des gaullistes instinctifs comme Marcel Jullian ou des gaullistes immédiats comme André Frossard. Puis il précisa que les étudiants furent à l’initiative des manifestations symboliques comme celle du rassemblement à l’Arc de Triomphe de l’Étoile le 11 novembre 1940. Que d’émotion enfin lorsqu’il raconte son arrestation le 19 mars 1943 par la Gestapo lié à sa sœur Jeanne par de solides menottes avant qu’il ne soit déporté ! Quatre gerbes ont ensuite été déposées au pied du monument par Jeanne Boucourechliev-Bayet et François Archambault pour MER, Madame Marcjanna Marcinkowski-Couturier pour Libération Nord, monsieur Maurice Quenet Recteur de l’Académie de Paris, et Monsieur Didier Boukaud, Sénateur, représentant de M. le Président du Sénat. Après la sonnerie aux Morts exécutée par deux clairons et un tambour de la Garde républicaine, la reprise de la Marseillaise fut entonnée par la cinquantaine d’élèves enfin rassemblés, les personnalités et le public présent.

Allocution de Monsieur François PERROT Président de l’U.N.A.D.I.F.

JARDIN DU LUXEMBOURG 15 mai 2008 – 17 heures

Monsieur le Sénateur, représentant le Président de la Haute Assemblée Monsieur le représentant du Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, Monsieur le Recteur, Monsieur le Directeur, représentant de l’O.N.A.C., Mesdames et Messieurs les responsables de la Fondation de la Résistance, de Mémoire et Espoir de la Résistance, de Libé Nord, du Comité d’Action de la Résistance, des Combattants Volontaires de la Résistance, des anciens du 11 novembre 1940, Mesdames, Messieurs, chers Amis, collégiens, lycéens, étudiants

Comme chaque année, nous voici réunis devant ce monument particulièrement émouvant érigé il y a 52 ans grâce à une souscription nationale, afin de rendre hommage aux étudiants et lycéens morts pour la France dans la Résistance.

Malgré leur jeune âge et sans y être obligés par quelque contrainte ou obligation que ce soit, sinon celle de leur conscience, ils se sont levés contre un occupant qui bafouait la liberté et toutes les valeurs humaines, démocratiques et républicaines.

Dans ces temps troublés, n’écoutant que leur patriotisme, un sentiment inné, ils ont pratiqué tout d’abord une résistance individuelle qui, petit à petit, s’est structurée dans des mouvements ou des réseaux.

Comme Marcel Jullian, beaucoup furent des gaullistes instinctifs, ou comme André Frossard : des gaullistes immédiats.

Spontanément, inspirés par le sens de l’honneur, ils ont été à l’origine de la première et spectaculaire manifestation du sentiment profond du peuple français en se rendant massivement à l’Arc de Triomphe de l’Étoile le 11 novembre 1940, montrant ainsi à l’occupant qu’il n’était pas le bienvenu à Paris et en France avec sa doctrine inhumaine et ses comportements brutaux qui s’annonçaient déjà. Ce geste retentit à travers le monde entier, qui put constater que la France était loin de se livrer tout entière à la collaboration comme l’y invitait le régime de Vichy. Je salue en particulier la mémoire d’Igor de Schonen, qui nous a quittés le 11 novembre dernier.

Comme l’a écrit Maurice Schuman : « le propre de ces volontaires est d’avoir fait la guerre sans y être contraints par aucune loi humaine et de l’avoir détestée, tout en livrant un combat sans merci pour eux-mêmes ».

Ils ont, avec d’autres, contribué à sauver l’honneur de la France !

S’il m’est permis de faire une allusion toute personnelle, mon émotion est aujourd’hui d’autant plus grande qu’à l’époque j’ai fait partie de groupes de résistants, au Lycée Henri IV d’abord, puis à la Fac de droit.

Je traversais chaque jour ce jardin, car j’habitais en face, au bas de la rue Vavin où, finalement, j’ai été arrêté le 19 mars 1943 par la Gestapo avec ma sœur Jeanne, elle-même Résistante au lycée Fénelon. Croyez-moi ! Etre lié à sa sœur par de solides menottes, emmenés ainsi vers la rue des Saussaies dans une traction avant, dans la nuit, sans avoir le droit d’échanger une seule parole, cela constitue un souvenir rare et inoubliable qui renforça notre fraternité jusqu’à la mort de Jeanne.

Quant à moi, ce fut, le début d’un long voyage : Fresnes, Compiègne-Royallieu, où un Mémorial a été récemment inauguré par Monsieur le Président du Sénat, Buchenwald, Flossenbürg et les marches de la mort du printemps 1945.

Que de souvenirs !

Sursitaire, étonné d’être encore de ce monde, alors que tant d’autres ont disparu, je m’incline avec beaucoup de respect, un respect fraternel devant la mémoire de tous les étudiants résistants qui n’ont pas survécu à cette période tragique et glorieuse de notre histoire nationale.

Ce monument, dans ce jardin, au cœur du quartier latin, porte leur souvenir. Il le portera dans la mémoire des générations futures afin que nul n’ignore « ce qui fut ».