Programme des cérémonies, conférences et expositions.
Ils sont organisées en coopération entre le Mémorial Leclerc - Musée Jean Moulin et l’Association Mémoire et Espoirs de la Résistance, un jeudi par mois à 12h30. " midis " au cours de laquelle un auteur présente et dédicace l’un de ses ouvrages récents.
Le " midi de l’histoire " débute à 12h30 heures, dure 1 heure 30, avec un échange avec l’auteur.
- Parallèlement à ces soirées un samedi par mois en matinée, Christine Levisse-Touzé, directrice du Mémorial Musée organise une conférence " Point de vue du Conservateur " qui commence à 10 heures et qui dure 2 heures.
Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris / Musée Jean Moulin
23 allée de la 2e DB
Jardin Atlantique
75015 Paris
Tel : 01.40.64.39.44
fax : 01.43.21.28.30
Le Dimanche 14 octobre 2007 deux cérémonies du souvenir se sont déroulés au cours desquelles Monsieur Jacques JAMAIN Délégué départemental de MER à prononcé deux allocutions :
La première devant la prison de Saint-Maurice en Charente-Maritime :
Monsieur le Sous Préfet, Monsieur le Maire Mesdames Messieurs les élus, Mon Commandant, Mesdames, Messieurs des autorités civiles et militaires, Messieurs les Président des Associations Patriotiques et leurs drapeaux, Mesdames Messieurs, Chers Amis. Permettez-moi de vous remercier de votre présence en ce lieu ou nous commémorons depuis 1948 le 2em dimanche d’octobre. Le souvenir de tous ces Résistants hostiles à l’envahisseur qui passèrent par ces lieux.
La prison Saint Maurice fut le lieu d’emprisonnement de la plupart des résistants arrêtés à Rochefort et les environs. Nous pouvons lire sur la plaque apposée au pilier de la voûte
A la mémoire des Résistants qui furent internés, Martyrisés, sous l’occupation ennemie 1940/1944 pour que vive la France.
Saint Maurice fut à l’origine une poudrière, vers 1675 on déplaça la poudrière au Vergeroux pour des raisons de sécurités. Vers 1758, cette prison reçue le nom de Jean-Baptiste Saint-Maurice archer de la marine. Elle fut pour beaucoup la prison maudite. C’était un lieu de passage qui abritait ses hôtes involontaires, un jour ou deux avant d’être acheminés sur Poitiers ou sur Lafond. En 1943, à la suite des très nombreuses arrestations, la prison de Lafond était comble, Saint Maurice devint un lieu de séjours durables. Un certain nombre d’arrêtés fut dirigé sur Poitiers, St Maurice peu fait pour tenir des prisonniers au secret absolu, cet ancien cachot militaire permit fort heureusement à ceux qui furent acquittés faute de preuves, de communiquer entre eux. Comme il n’existait pas de cuisine, les familles furent chargées de les nourrir. Des échanges eurent lieu, les nouvelles circulaient. Ainsi, l’extérieur put connaître les horreurs commises dans l’enceinte. Un courrier en date du 24 novembre 1943 demandant que ce soit la cuisine de la caserne de l’ordinaire allemande qui fasse parvenir les rations aux prisonniers français détenus par ordre de l "Autorité d’occupation.
D’après le registre de dépôt des détenus incarcérés par ordre des autorités d’occupation à partir du 5/05 /1940. 192 Personnes furent incarcérées (le 192° arrêté en février 1944).
Motifs d’arrestation très variés ou non indiqués.
Actes de résistance, dont le groupe " Honneur et Patrie "parmi lesquels une trentaine devaient être incarcérée à là prison Saint-Maurice, les groupes " Tatave ", " F.N. ", " F.T.P. ", le " Réseau Alliance "
Détention de fusil de chasse ou de munitions Insultes (Vol le plus grand nombre) Abandon de poste. Manifestation hostile à l’Allemagne. Propos injurieux envers l’armée allemande. Diffamation du führer (4 semaines de prison) Tentative de passage de la frontière. Etc.
Les transferts.
15 pour La Rochelle, 2 pour Fresnes, 4 pour Angoulême. 20 pour le fort du Ha etc.. Plusieurs détenus furent par la suite fusillés
Le n° 185 de la prison St Maurice concerne Mme Jean HAY arrêtée en même temps que son mari. Ce dernier fut conduit à la prison de la Gestapo de St Maurice et Mme HAY à la maison d’arrêt où elle demeura du 3/10 au 31/11/1943.
Puis en mai 1943 ce fut l’arrestation des groupes F.T.P. ou F.N. qui avaient diffusé des tracts ou mené une action armée contre l’ennemi.
Parler de ceux qui y sont passés avant de tomber sous les des pelotons d’exécution ou de périr dans les horribles camps de concentration, c’est retracer l’histoire de la résistance Rochefort aise.
Tous avaient leur espoir. Du plus profond de leur enfer, ils rêvaient d’un monde pacifique de justice et de fraternité. La charte de l’O.N.U. est le fruit du combat des résistants, et le reflet de leurs espoirs. Mais les promesses qu’elles contiennent sont encore loin d’être réalité pour les peuples qui continuent à souffrir de la guerre, de la discrimination raciale, sociale, religieuse ou politique.
Le bâtiment au fil des années subit des transformations, quelques cachots sont demeurés en l’état originel, et peut êtres visités ce jour.
Cet ensemble est devenu le clos Saint-Maurice, il abrite aujourd’hui les écoles de musique et de danse de la ville de Rochefort. Je vous remercie
2 ’ La seconde à Saint-Just-Luzac.(Charente-Maritime) Pont de la Bergère.
Monsieur le sous Préfet, votre présence honore les familles de disparus, Monsieur le Député, Monsieur le Président de la communauté des communes, Monsieur le Conseiller et Vice Président du Conseil Général, Monsieur le Maire, Messieurs les Maires et les élus, Messieurs les représentants des Autorités civiles et Militaires, Familles de Disparus, Messieurs les Présidents d’Associations Patriotiques et leurs drapeaux, La Musique, Mesdames Messieurs, Chers Amis.
Permettez-moi au nom de la F.N.D.I.R.P. section locale de Rochefort-Marennes, et M.E.R. Mémoire et Espoirs de la Résistance vous remercier de votre présence en ce lieu, où nous allons ensemble, revoir une page de l’histoire de ce que fut " le Pont de la Bergère " La 44e Division allemande recrutée en Autriche sous les ordres du Général Siebert, pénètre en Charente Maritime par la route de Niort. Deux détachements précurseurs se dirigent : l’un sur La Rochelle l’autre sur Royan, traversant la Charente par le pont de l’Houmée. Ils atteindront ces villes le dimanche 23 juin 1940 Rochefort et Saintes également. Les premières manifestations de Résistance à l’occupant dès le 23 juin 1940.
La Rochelle Le Maire refusant d’amener le drapeau français qui flottait à l’hôtel de ville.
Rochefort Un stock important de mercure et d’étain entreposé à l’arsenal est immergé dans la Charente.
Saintes Perturbations sur le trafic ferroviaire allemand.
Royan Nombreuses coupures du câble téléphonique reliant La Rochelle à Royan.
Les premiers mouvements de Résistance. :
" Honneur et Patrie " dont les résistants du Pont de la Bergère appartenaient. Très lentement, ces éléments isolés, entrés dans l’action par patriotisme ou antifascisme, cherchent à se grouper. Leurs actions : Le camouflage de prisonniers de guerre évadés et leur passage en zone libre. A Marennes l’organisation civile est confiée an professeur Jean HAY avec le président du tribunal de Rochefort. Les commandos sont répartis comme suit
Marennes : Chef de secteur Guy CHOTARD " MARTIN "avec : Jacques PALACIN, Elie DUC, Paul CHIRON, André LECETRE et Joseph MASQUIER.
Saint Just Les frères GORICHON, Jean, René, leur cousin Roger, les frères EDOUARD, Victor CAMUS, et Marcel NEAUD.
Ile d’Oléron chef de secteur Pierre WIEHN. de " Honneur et Patrie " Robert ETCHEBARNE du réseau " Centurie " dans les Deux-Sèvres puis pour l’île Oléron depuis mars 1943 les deux réseaux se sont regroupés
Les parachutages : La création, le 24 avril 1943 du B.O.A.(Bureau des Opérations Aériennes ) va amorcer la création de l’A.S. (Armée Secrète) en fournissant des armes aux groupes constitués. Le premier en date à lieu le 8 mai 1943 à Montguyon dans les bois du château de la Madeleine " Les matins sont partis vers des temps révolus " Dans la nuit du 15au 16 juillet 19 43 à St Just " la mer est calme, les flots sont bleus " l’avion pris en chasse par l’aviation allemande repart sans parachuter.
Le 12 août 1943 à St Just à 500 mètres au Nord-est du " Pont de la Bergère " pour le groupe CHOTARD " La mer est calme les flots sont bleus ", lettre de reconnaissance " L " : 8 containers parachutés dans d "excellentes conditions, enterrés sur place.
Equipe de parachutage : Gr CHOTARD, ETCHEBARNE, et les trois GORICHONS.
Le 15 août 1943, sur le même terrain, pour le compte de Charles VICTOR, à Romegoux " il pleut bergère, rentre tes blancs moutons. 7 containers (un s’accroche dans la ligne électrique) ils sont cachés dans les bois à l’Est du terrain : transportés vers le 10 septembre aux carrières de Fief-de-Foy, commune de Saint Supplice d’Arnoult, par Jean GAUTIER de Marennes. Equipe de parachutage : Charles VICTOR, Jean MAUMONT, Théophile AMIOT, Elie DUC, Jacques PALACIN et Jean GAUTIER.
Le 18 août, à 24 heures terrain du Pont de la Bergère 2em parachutage pour le groupe CHOTARD de Marennes " Ce soir nous fumerons. " 16 containers de 200kg. Double parachutage non indiqué par la répétition du message à l’émission de 18 heures. Equipe de parachutage : Guy CHOTARD, avec : Jacques PALACIN, Elie DUC, Paul CHIRON, Edouard CAMUS, et les trois GORICHON, Jean, René, et Roger. Les containers du premier parachutage enterrés sur place risquant d’être inondés en septembre, ils sont tous transportés par camions par Jean GAUTIER, Marcel NEAUD, Edouard CAMUS, dans la cave d’une maison inhabitée au moulin de Pillery, en bordure de la N 728, à 6,5 kms de Marennes.
En octobre ils seront déplacés à nouveaux et enterrés en deux points différents dans les champs appartenant à GORICHON, à quelques centaines de mètres du moulin de Pillery.
LA REPRESSION
Le 10 août 1943. Un rapport de vingt pages, avec plans, aurait été remis par un commissaire divisionnaire, ex-commissaire central de La Rochelle, F...et son indicateur, le milicien H...au Colonel Jodkum, 11 rue des Saussaies à Paris (siège de la Kommandantur de la SIPO-SD de Paris ), puis transmis au service compétent, 72, avenue Foch (siége de la SIPO-SD dans le ressort du commandement militaire en France) un groupe de 15 policiers français et allemands de la SIPO de Paris sous les ordres du Colonel B..., de rend à La Rochelle et fait procéder par la Felgendarmerie à de nombreuses arrestations. Elles commencent à La Rochelle, en septembre se poursuivent dans le département ;
Pour le pays Marennes Oléron
le 9 octobre 1943.
Jean HAY et son épouse à Marennes
Elie DUC à Hiers
Le 10 octobre 1943
Jean et René GORICHON
Les hommes sont rassemblés devant la Mairie, DUC doit désigner ses camarades. Il ne reconnaît personne. Roger GORICHON, les deux frères CAMUS et Max ROY prennent la fuite. Paul GORICHON et Jacques PALACIN préviennent Jean GAUTIER et se sauvent. Celui-ci demeure. GORICHON Jean et René son à nouveau introduits dans la Mairie et arrêtés. Tous les survivants sont rassemblés chez GADREAU à Corme-Royal. M. CHOTARD père et les deux frères CHOTARD sont également arrêtés puis relâchés
Le 14 octobre 1943
Jean GAUTIER et Jacques PALACIN à Marennes.
Le 21 octobre 1943
Pierre WIEHN et Robert ETCHEBARNE dans l’île
Le 22 octobre 1943
Pierre BALLURET, Clotaire PERDRIAUD, Pierre JOLLINIER et leurs compagnes.
Le 11 novembre 1943
Marcel NEAUD à Saint Just
Mais le 12 octobre, l’instituteur Marcel RAYMOND et le contrôleur des Contributions Directes CAUSSADE sont arrêtés. Etant à la prison Saint Maurice à Rochefort, ils sont interrogés fin janvier 44, par Wilhelme Dohse chef de la Gestapo de Bordeaux, accompagné de Grandclément, afin de savoir s’ils étaient en liaison avec le groupe de Marennes et Saintt Just .
Grandclément, arrêté à Paris le 19 septembre, est ramené à Bordeaux. Le chef de la gestapo, Dohse, devant les révélations de Grandclément, lui propose de travailler ensemble pour mener une action contre les groupements communistes et de libérer les 250 membres de son organisation arrêtés, contre la remise de toutes les armes parachutées. Celui-ci accepte. Les armes ont bien été livrées, mais les 78 détenus de la Charente-Maritime, transférés au Fort du Hâ, passent en jugement dans les derniers jours de décembre devant le Tribunal de La Rochelle, déplacé à Bordeaux, présidé par le Kriegsgerichtrat Weide.
21 sont condamnés à mort, et seront exécutés le 11 janvier 1944, excepté Louis PRUNIER qui le sera le 1er février. Dont : DUC Elie, ETCHEBARNE Robert, GORICHON René, GORICHON Jean, PALACIN Jacques, WIEHN Pierre ; ils quitteront les cellules du Fort du Hâ en chantant la Marseillaise. CAMUS Edouard de Marennes, qui a réussi à ’échapper aux arrestations, est condamné à mort par contumace.
38 aux travaux forcés, et déportés : 24 ne rentrerons pas : Dont : BALLURET Pierre, GAUTIER Jean Struthof, HAY Jean Struthof, Dachau, Mauthausen Ebensée, PERDRIAUD Clotaire, NEAUD Marcel, Washingen. 3 condamnés à une peine de prison. 16 furent libérés le 14 janvier 1944.
Permettez-moi une parenthèse concernant Marcel NEAUD il était commerçant de son état, il avait une famille de 5 enfants qui sont Huguette, Yvette décédée, Madeleine, Jean Marie, et Pierrette qui est présente à toutes nos cérémonies.
Propos recueillis sur le livre d’Henri GAYOT.et l’aide de Marie Thérèse GAUTIER.
Je vous remercie Jacques JAMAIN